27/04/2012
L’islam belge peine à exister
Publié le 27 avril 2012 sur le site français causeur.fr
Par Bernard Swysen
L’épineuse question des relations entre l’Etat et la religion a été réglée en Belgique par un arrangement plus proche de celui de nos voisins allemands que du nôtre. Au lieu d’une rupture claire et nette reléguant les cultes dans la sphère privée, l’Etat les prend en charge au nom de l’intérêt général.
Selon la loi sur « le temporel du culte » votée en 1870, l’Etat belge paie les salaires des clercs, assure l’entretien des lieux de culte – d’ailleurs exonérés d’impôts-, finance les écoles du réseau d’enseignement libre confessionnel ainsi que l’enseignement des différentes confessions officiellement reconnues. Ce régime concerne aujourd’hui le catholicisme, le protestantisme, l’anglicanisme, le judaïsme, le christianisme orthodoxe, l’islam, le bouddhisme et même la laïcité, qui a le statut de mouvement philosophique.
Chaque religion reconnue dispose d’un organe représentatif, interlocuteur officiel de l’Etat, chargé de gérer l’argent public alloué au fonctionnement de la communauté. Depuis sa reconnaissance en 1974, l’islam – deuxième religion de Belgique par le nombre de ses croyants – bénéficie d’un financement public au même titre que les autres cultes, mais peine pourtant à se fondre dans le moule institutionnel de la loi de 1870.
A sa création il y a presque quarante ans, l’organe communautaire musulman officiel fut d’abord confié au Centre islamique et culturel de Belgique, la Grande Mosquée du Cinquantenaire, institution financée et dirigée par l’Arabie Saoudite. Cette décision politique peut sembler maladroite, sachant que les musulmans de Belgique, disséminés dans 295 mosquées, sont majoritairement d’origine marocaine et turque.
Effectivement, ces derniers ont mal vécu la tutelle saoudienne sur leur organe représentatif, véhiculant par ailleurs une interprétation wahhabite plutôt radicale de l’islam. De surcroît, en confiant l’organisation institutionnelle des Musulmans à un pays tiers, la Belgique a fait entrer en son sein un véritable cheval de Troie. Avec l’émergence, depuis une vingtaine d’années, de l’islamisme politique sur la scène internationale, phénomène nourri essentiellement par le wahhabisme saoudien, l’Etat belge a pris conscience de son singulier manque de prévoyance.
Pour résoudre le problème, le gouvernement belge a décidé en 1996 de créer une nouvelle institution, « l’Exécutif des Musulmans de Belgique » (EMB), avec l’idée de confier des responsabilités aux Musulmans nés et éduqués en Belgique. Quelques décennies après l’arrivée de vagues migratoires massives, il était tout à fait raisonnable de construire une communauté musulmane enracinée en Belgique afin d’imposer un nouveau rapport de forces au sein des institutions religieuses.
Il aurait ainsi été judicieux de briser la gangue des « pays d’origine » pour que les fils et petits-fils d’immigrés s’émancipent de leurs racines familiales. Ce n’est pourtant pas ce qui s’est passé.
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20/04/2012
Dassetto : « L’islam belge est à un tournant majeur »
Le sociologue Felice Dassetto a apprécié le reportage de Frédéric Deborsu sur l’islam. Il s’en explique dans notre cahier « Polémiques ».
L’expert vient, par ailleurs, de publier un long article sur l’intégration des musulmans dans la sphère publique belge (1). Il y relève l’existence d’un « modèle belge original » d’intégration de l’islam à la société belge. Mais aussi de sérieux écueils. Morceaux choisis…
1) Les manœuvres saoudiennes
Felice Dassetto n’hésite pas à écrire que le Centre islamique et culturel de Belgique, présidé par l’ambassadeur d’Arabie saoudite, a « trahi » la confiance que lui a accordée l’Etat belge en lui confiant la gestion de la grande mosquée du Cinquantenaire, depuis 1966… « Ce centre est devenu un lieu de rayonnement d’un islam wahhabite et salafiste dont l’enseignement ne favorise en rien l’harmonieuse intégration des populations et des jeunes musulmans et prône une sorte de vision hostile à l’Occident… Entre autres, on y donne libre cours à l’enseignement de doctrines créationnistes, qui nient toute valeur à la théorie scientifique de l’évolution. Et ceci dans un bâtiment de propriété de l’État belge. »
2) La diabolisation de Tariq Ramadan
Au milieu des années 1990, le prédicateur genevois Tariq Ramadan « fait faire un saut de qualité à la jeunesse musulmane, enfermée jusqu’alors dans les discours traditionalistes… Les milieux de la laïcité mènent une guerre à fond contre Tariq Ramadan, sans trop comprendre sa pensée et la logique dans laquelle il inscrivait son action. La virulente polémiste Caroline Fourest a contribué à alimenter cette hostilité aveugle et bornée… Ramadan a joué un rôle intéressant et positif dans une prudente, mais réelle pensée réformiste ». Désormais, constate le sociologue, ce sont les salafistes qui concurrencent Ramadan sur son terrain.
3) Une polarisation accrue
Dès les années 2000, Felice Dassetto note l’essor d’une « confrontation » entre positions extrêmes, notamment autour de la question du port du foulard. Face à l’hostilité à l’islam affichée par Oriana Fallaci ou Caroline Fourest, des mouvements identitaires inspirés des Black Muslims et des Black Panthers émergent. C’est le cas de la mouvance créée autour de Souhail Chichah, notamment avec la « Burqa Pride » organisée à l’ULB.
4) L’islam des ambassades
L’ingérence de la Turquie et du Maroc dans les affaires musulmanes de Belgique ne facilite guère l’essor d’un leadership moral et intellectuel issu de la communauté musulmane. « Le rôle de l’Etat turc et de la Diyanet est déplorable », écrit le sociologue. De même que celui des musulmans « qui jouent une carte nationale marocaine… Croire que cet islam étatisé est un rempart contre le radicalisme ou le salafisme est vraiment une illusion ».
5)La violence symbolique de l’implantation musulmane
« L’idée que l’Europe est aussi et définitivement un espace de présence musulmane est une donnée de fait », constate Felice Dassetto. C’est devenu une évidence. Mais… « porté par leur élan religieux et identitaire, des musulmans se sont affirmés, ont rendu visibles et affirmé leurs revendications. Ils ne se sont pas toujours rendu compte que ce mode d’implantation a été vécu par les non-musulmans comme une véritable violence symbolique. De nombreux non-musulmans avaient et ont l’impression de ne plus avoir leur place dans leur pays ou d’être accablés par ces constantes demandes musulmanes »…
Une réalité qui devrait laisser la place, espère le sociologue, à une « co-inclusion » réciproque. Mais il est possible, craint-il, que « des agences extérieures », saoudienne, turque, marocaine ou que des idéologues d’horizons divers (musulmans, chrétiens, athées, nationalistes) aient davantage intérêt à privilégier l’affrontement… Felice Dassetto insiste : « L’islam européen et belge est à un tournant majeur. »
(1) « Islam belge au-delà de sa quête d’une instance morale et représentative », Cismoc Papers on line, mars 2012.
20:46 Publié dans Actualité - Islam - Culte - Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dassetto, islam, emb, musulmans, ambassades
19/04/2012
Turine : « Moi aussi, je suis inquiète »

L’ex-coprésidente d’Ecolo ne nie pas, elle non plus, les problèmes. « Rappelons d’abord qu’il y a beaucoup de musulmans qui sont nés en Belgique, qui sont Belges. Nous devons, dans notre pays, accepter que leur religion fait partie du paysage belge ! Mais, à côté de cela, oui, il y a des choses sur lesquelles on doit intervenir. »
Et de pointer, notamment, l’Exécutif des musulmans. « Il est encore fort aux prises d’ambassades étrangères. L’un des principaux enjeux, c’est de permettre aux musulmans de Belgique d’organiser leur culte au départ de notre pays. On aura alors des imams en phase avec les réalités. Et l’on évitera les prêches scandaleux, coupés du contexte. Il faut un plus grand dialogue entre les responsables politiques et les organisateurs des cultes. »
Sarah Turine observe aussi avec inquiétude l’évolution sur le terrain. « Faute de reconnaissance, certains jeunes se laissent prendre par la radicalisation. Récemment, une personne qui s’occupe de jeunes d’Afrique subsaharienne me disait qu’ils trouvaient davantage refuge dans les églises que dans les associations de jeunesse. C’est pareil avec les mosquées. Cela ne va pas. On ne peut pas laisser une minorité radicale prendre le pas. »
21:07 Publié dans Actualité - Islam - Culte - Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : sarah, turine, islam, ambassades, exécutif, musulmans
03/04/2012
Lettre de l’ADMB* aux présidents de partis et au monde politique
Bruxelles, le 08 février 2012
Objet : Le dossier de la reconnaissance de l’Islam de Belgique
Madame …, Monsieur … le (la) Président(e) du parti politique …,
Vous avez sans doute eu vent (les médias en ont abondamment traité) des derniers épisodes qui ont ébranlé de façon regrettable l’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB). Compte tenu de l’importance du dossier de l’Islam de Belgique, nous souhaitons recadrer à votre intention les événements récents dans leur contexte plus général de manière à vous permettre une compréhension optimale.
La Belgique compte en effet aujourd’hui plus de 600.000 citoyens de confession musulmane. Et ce chiffre devrait continuer à croître ces prochaines années. Il convient donc que l’Etat belge offre dès à présent, à l’instar d’autres corps sociaux, tous les moyens à cette communauté de continuer à s’insérer de façon harmonieuse et pacifique dans la société, contribuant ainsi à une cohésion sociale accrue et un meilleur vivre ensemble.
Pour mémoire, rappelons que le culte islamique a été officiellement reconnu en 1974. Le premier interlocuteur de l’Etat belge fut le Centre islamique et culturel de Belgique à qui le statut de représentant de culte musulman a été retiré en 1989 par les autorités belges. Un des arguments avancés par certains politiques était l’ingérence étrangère et un déficit dans la représentativité des populations musulmanes installées en Belgique. A cette époque déjà émergea l’idée que la gestion du temporel du culte musulman devait impérativement trouver sa source en Belgique afin de développer un islam démocratique et respectueux des valeurs occidentales.
La structure de l’Islam n’étant pas hiérarchisée, sur proposition de la base de la communauté musulmane de Belgique, les responsables politiques optèrent alors pour des élections en vue de constituer un organe collégial et sociologiquement représentatif. Après plusieurs tentatives infructueuses, c’est finalement en 1998 que le premier Exécutif issu des élections a été mis en place. Pour diverses raisons, “sa représentativité” fut néanmoins contestée, ce qui entraîna de nouvelles élections en 2005. Celles-ci furent boycottées par une grande partie de la communauté musulmane qui reprochait notamment les modalités d’organisation et l’ingérence dans ces élections…
Nouvel épisode : l’EMB issu des élections de 2005 vole à son tour en éclat en 2007 à la suite des ennuis judiciaires de plusieurs de ses membres poursuivis pour faux en écriture, abus de confiance et détournement, etc., ce à quoi s’ajoute ensuite la démission de l’ex-président de l’EMB entrainant avec lui presque le tiers des membres de l’assemblée générale.
Début 2008, un nouvel EMB est constitué in extrémis par l’Assemblée générale des musulmans de Belgique. Le Ministre de la Justice demande à l’EMB fraîchement élu d’organiser des concertations avec toute la population musulmane de Belgique en vue de proposer une nouvelle forme d’organisation pour l’Organe chef du culte Islamique. Il faut savoir qu’à cette époque, le bruit circulait que la crise précédente de l’EMB était due au système électoral déficient, alors que, en réalité, elle avait pour origine la mauvaise gestion de quelques individus guidés par leur seul intérêt personnel voire mal intentionnés. Dans ce contexte, le Ministre concerné continuait néanmoins à demander la poursuite des concertations entre tous les partenaires…
Rapidement cependant, une partie de l’EMB confisque les débats pour les mener en vases clos entre personnes déjà ralliées à la même cause. A savoir, celle de la défense d’un projet de renouvellement exclusivement basé sur les mosquées, elles-mêmes inféodées à des Etats étrangers (Maroc et Turquie, en l’occurrence) et rejetant une grande partie de la communauté musulmane, en particulier les femmes, les jeunes, le monde associatif et toutes les minorités ethniques et religieuses.
Plusieurs membres de l’EMB, écartés des concertations en raison de leur refus d’adhérer au projet des mosquées, créent alors l’ « Alternative démocratique des musulmans de Belgique» (ADMB),une plate-forme regroupant des acteurs issus de toutes les composantes de la communauté musulmane de Belgique sans distinction d’ethnies, de genres, ni d’écoles juridiques.
Depuis sa création, l’ADMB œuvre ainsi pour faire entendre la voix de tous les citoyens belges de confession musulmane exclus du processus de renouvellement en cours de l’EMB en prônant le seul dispositif pouvant à ses yeux mener à la mise sur pied d’un Organe représentatif du culte islamique de Belgique qui soit à la fois démocratique, transparent, citoyen et indépendant de toute forme d’ingérence : des élections générales ouvertes à toute la communauté musulmane, « balisées » pour permettre une gestion légale et « saine » du temporel du culte musulman.
De 2008 à 2011, le projet des mosquées étant largement décrié par l’ADMB, le Ministre de la Justice a attendu, en vain, un projet de renouvellement de l’EMB faisant l’objet d’un consensus au sein de la communauté musulmane.
Entre octobre et décembre 2011, il met autour de la table les 4 membres du Bureau de l’EMB, constitué du Président et des 3 vice-présidents de l’EMB (parmi lesquels Isabelle PRAILE, également membre de l’ADMB), en vue de trouver un compromis autour d’un projet de renouvellement devant mener à la constitution d’un Exécutif réellement représentatif des musulmans de Belgique.
Au moment où le Bureau de l’EMB commence enfin à engranger certaines avancées en vue d’un consensus et où une nouvelle Ministre, Madame TURTELBOOM, vient de prendre ses fonctions, contre toute attente, le Président de l’EMB fait convoquer, le 13 janvier 2012, une Assemblée générale. Il faut savoir que, initialement, cette AG devait prolonger le mandat de l’EMB afin d’être en phase avec la reconduite de ce mandat par les autorités politiques via la publication d’un arrêté royal.
Mais, autre coup de théâtre : l’AG du 13 janvier 2012 décide la reconduction du seul mandat des membres de l’EMB proches des ambassades étrangères, à l’exclusion des 3 membres de l’EMB faisant partie de l’ADMB (Isabelle PRAILE, vice-présidente de l’EMB, Mohamed FATHA-ALLAH et Zehra GÜNAYDIN), par le biais d’un vote de confiance non prévu dans l’ordre du jour.
La manière dont s’est déroulé ce vote est, en outre, évidemment très contestable : en effet, sur les 44 membres que compte l’AG, seuls 11 étaient présents, munis de procurations dont on peut douter de la validité de certaines d’entre elles… A la Justice de trancher le cas échéant s’il apparaît que des irrégularités ont été commises.
En tout état de cause, force est de constater que l’EMB n’est désormais plus dirigé aujourd’hui que par des individus dont la plupart semblent faire primer les intérêts de leur Etat d’origine plutôt que ceux des Belges musulmans.
Au-delà de la situation actuelle de l’EMB et de l’exclusion irrégulière de ses membres rénovateurs issus de l’ADMB, c’est ainsi tout le futur de l’Islam de Belgique qui nous préoccupe au plus haut point.
Ajoutons que, dans son rapport pour l’année 2010, la Sûreté de l’Etat met en garde contre l’ingérence de puissances étrangères et de groupements radicaux islamiques dans l’islam institutionnel en ces termes : « Des puissances étrangères et un groupement turc radical se sont ingérés dans les structures de l’islam institutionnel pour tenter d’imposer leurs vues. En ce qui concerne l’avenir, il est permis d’affirmer qu’une telle ingérence, susceptible d’influencer dans une large mesure, voire de contrarier, le fonctionnement de l’organe du culte islamique, ne perdra certainement pas en intensité. Il est à noter que la décision finale concernant les modalités de renouvellement peut avoir un impact majeur sur l’évolution future dans notre pays tant de l’islam institutionnel que de l’islam dans son ensemble ». Inquiétant, non ?
Nous estimons pour notre part que toutes les personnes de bonne volonté concernées par ce dossier ont la responsabilité de déterminer aujourd’hui quel Islam elles souhaitent pour la société belge : un islam importé, étranger à notre culture et nos traditions nationales, ou un islam en phase avec notre démocratie et les valeurs qu’elle sous-tend. Car tel est bien l’enjeu principal de cette problématique.
Nous nous permettons enfin d’attirer toute votre attention sur ce dossier et de demander toute votre vigilance par rapport à son suivi.
Nous vous remercions d’avoir pris le temps de nous lire. Nous nous tenons évidemment à votre disposition pour toutes explications complémentaires et, si vous le jugez nécessaire, sommes prêts à vous rencontrer à votre meilleure convenance.
Recevez, Madame …, Monsieur … le (la) Président(e) du parti politique …, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.
Pour l’ADMB,
- Mr Abderrahmane El Youssouffi : expert de l’ADMB, doctorant en Sciences Sociales à l’ULB
- Mme Zehra Gunaydin : membre de l’ADMB, membre de l’EMB, docteur en médecine
– Mr Michaël Privot : expert de l’ADMB, islamologue, Trésorier du Complexe Educatif et Culturel Islamique de Verviers – Mosquée Assahaba
– Mr Mohammed Fatha-Allah : membre de l’ADMB, membre de l’EMB, Président de l’asbl des Finances “Collège de l’EMB”, imam, professeur de religion islamique
– Mr Mussa Zulfikarali : membre de l’ADMB, ingénieur commercial Solvay, responsable d’une mosquée pakistanaise
– Mr Iqbal Qureshi : membre de l’ADMB, membre de l’EMB, président de la mosquée pakistanaise d’Anvers, Senior Auditor / Manager de Halal Food Council of Europe (vzw) Belgium
– Mr Karim Geirnaert : membre de l’ADMB, expert en alimentation halal, responsable de la fédération de scoutisme musulman
– Mme Isabelle Praile : membre de l’ADMB, vice-présidente de l’EMB, actrice associative dans divers projets (féminin, scoutisme musulman, dialogue interreligieux,…)
– Mr Yacob Mahi : expert de l’ADMB, théologien et Islamologue, Professeur en secondaire à Bruxelles et à l’Université de Strasbourg.
Contact : Praile Isabelle – Gsm : 0486/966.114 – Email : isasoum@hotmail.com
*L’Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique (ADMB) est une plate-forme qui regroupe des acteurs issus de toutes les composantes de la communauté musulmane de Belgique sans distinction d’ethnie, de genre, ni d’écoles juridiques… L’ADMB a pour vocation de promouvoir un Organe Chef de Culte des Musulmans de Belgique représentatif, démocratique et indépendant de toute forme d’ingérence.
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01/03/2012
L'Allemagne va former des imams dans ses universités
Favoriser un islam "made in Germany" plutôt qu'importé de l'étranger.
AFP internet, le 29 février 2012

L'Allemagne, où l'islam est devenu la troisième religion, va pour la première fois former cette année des imams dans ses universités, notamment à Osnabrück où des prédicateurs suivent déjà une formation continue.
Dès la prochaine rentrée dans cette université du nord-ouest de l'Allemagne, un master en cinq ans permettra à 25 jeunes musulmans de devenir imams dans une mosquée, professeur de religion ou chercheur en théologie islamiques. Une première dans un pays qui compte plus de 4 millions de musulmans, dont 45% ont la nationalité allemande, et où l'intégration des immigrés, en majorité turque, demeure difficile.
La chancelière Angela Merkel veut ainsi favoriser un islam "made in Germany" plutôt qu'importé de l'étranger. "Ma génération a grandi ici, l'Allemagne c'est notre patrie", explique le responsable de ce nouveau cycle d'études, Bülent Ucar, un Allemand musulman d'origine turque de 35 ans. "Si notre religion n'appartient pas à ce pays cela signifie que nous sommes aussi des étrangers". "Mais dans 95% des mosquées en Allemagne, les prêches sont encore en turc, en bosniaque ou en arabe", explique le professeur.
Quelque 8.000 imams officiant de Hambourg à Munich sont des fonctionnaires de l'Etat turc envoyés dans les 896 mosquées ou communautés gérées par l'organisation Ditib, directement dépendante du ministère turc du Culte. La plupart parlent à peine allemand et ne restent que quelques années en Allemagne. Dans le cycle d'études théologiques dispensé à Osnabrück, toutes les matières, de la philosophie à l'histoire de l'islam en passant par les arts, seront enseignées en allemand.
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21:05 Publié dans Ministres de culte (Imams) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, musulmans, imams, formation, angela, merkel
02/02/2012
Plaidoyer pour un véritable Islam belge
Christian Laporte

Chemsi Cheref-Khan incarne la vision laïque de l’Islam en Belgique. Ce franc-maçon jette les bases d’une meilleure représentation musulmane.
Vivant et travaillant en Belgique depuis un demi-siècle, Chemsi Cheref-Khan est connu dans les milieux laïques et musulmans et dans les cénacles intellectuels comme le zélateur d’un humanisme musulman et d’un islam des Lumières intégré dans la société occidentale.
Face à divers constats récents que cette idée, que le monde politique appelle de ses vœux, a du mal à émerger, il a décidé de révéler son appartenance à la franc-maçonnerie afin de "booster" celles et ceux qui pensent comme lui en vue de jeter, enfin, les bases d’un véritable islam belge. Avec parmi les outils pour le promouvoir la création d’un Institut pour un humanisme musulman.
Pourquoi dévoiler votre qualité de maçon, membre du Grand Orient de Belgique ?
L’islam belge, ça fait vraiment très longtemps qu’on en parle et que rien ne progresse. Un peu plus de 10 ans après mon arrivée en Belgique, l’islam était la deuxième religion en Belgique. Lors du débat parlementaire sur sa reconnaissance, en 1974, certains élus plaidaient déjà pour le soustraire aux influences étrangères. Il était bien en place. A cause de la crise du pétrole, pour faire de bonnes affaires ou encore pour remercier le roi d’Arabie saoudite pour sa générosité après l’incendie de l’Innovation, la Belgique avait concédé le Pavillon oriental, dans le parc du Cinquantenaire, à l’Arabie saoudite.
Il se mua en Grande Mosquée et devint le siège européen de la Ligue islamique mondiale dont le rôle ne cessa de s’accroître. Mais entretemps, le Parlement ignorait tout de la doctrine juridique de l’islam.
C’était dérangeant pour un esprit critique car la reconnaissance fut acquise pour des raisons diverses. L’on voulait intégrer les musulmans ou alors les voir préserver leurs racines pour qu’ils rentrent chez eux ; il y avait les promesses de juteux contrats et on voulait soutenir les Américains, qui s’alliaient aux musulmans les plus radicaux dans leur lutte contre le communisme. Cela ne s’est jamais vraiment arrangé.
Les remous récurrents au sein de l’Exécutif des Musulmans de Belgique attestent aussi, si nécessaire, qu’il est urgent de changer de cap.
On doit d’autant plus se battre pour cet islam belge en ces temps agités où d’aucuns voudraient mettre tous les musulmans dans le même sac.
21:49 Publié dans Actualité - Islam - Culte - Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : exécutif, musulman, ingérence, islam, belge, chemsi cheref-khan
01/02/2012
La fin de l’Exécutif des Musulmans de Belgique ?
Caroline SÄGESSER
Texte publié le 25.01.2012 sur le site http://www.o-re-la.org
Observatoire des Religions et de la Laïcité
(NB: C'est nous qui surlignons - Equipe Médiation)
L’Exécutif des Musulmans de Belgique, organe représentatif du culte islamique, a été mis sur pied en 1999. Depuis, il n’a cessé d’être l’objet de critiques et la proie de dissensions internes. Dernière en date, le vote de défiance de l’Assemblée des Musulmans du 13 janvier 2012 à l’égard de membres d’un Exécutif qui ne jouit plus de la reconnaissance des pouvoirs publics.
Le culte islamique a été reconnu par une loi du Parlement belge, c’est-à-dire formellement admis au financement public, en 1974. Cette reconnaissance entraînait la nécessité de reconnaître également un organe représentatif pour ce culte, indispensable pour mettre en œuvre cette décision, en vertu du dispositif constitutionnel belge. Diverses voies ont été explorées par les pouvoirs publics pour obtenir cet organe représentatif.
Dans un premier temps, ils se sont tournés vers le Centre islamique et culturel, qui occupait depuis 1969 le pavillon oriental (la « grande mosquée ») du parc du Cinquantenaire, à proximité des institutions européennes. Mais la non-représentativité du Centre, proche de l’Arabie Saoudite, par rapport aux musulmans de Belgique, qui sont pour l’essentiel originaires du Maroc et de la Turquie, a conduit à rechercher une autre solution.
Après divers aléas, l’idée d’organiser des élections au sein de la communauté musulmane toute entière s’est imposée à la fin des années 1990, selon un scénario à deux degrés : les fidèles éliraient au suffrage universel les membres d’une Assemblée, chargée de désigner les membres du futur organe représentatif du culte, l’Exécutif des Musulmans de Belgique.
Ce système à deux degrés avait été prévu pour qu’un filtre vienne assurer la représentation des diverses tendances du monde musulman belge - et des femmes - au sein de l’Exécutif, mais aussi pour permettre à la Sûreté de l’Etat de vérifier les noms des candidats avant leur nomination à l’Exécutif.
Suite :
21:19 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : exécutif, musulman, islam, ingérence, ambassades, renouvellement
18/01/2012
EMB: dernières infos parues dans la presse et la blogosphère
L’EMB et Printemps arabe, cherchez l’erreur
Par Michaël PRIVOT, 14 janvier 2012
Les dangers d’instrumentalisation de l’islam de Belgique par certains pays d’origine dénoncés il y a quelques jours par le rapport de la Sûreté de l’Etat viennent d’être illustrés de manière éclatante. C’est maintenant fait. Bien que les membres progressistes exclus de l’EMB semblent envisager d’explorer toutes les voies légales pour faire valoir leurs droits, il paraît clair à cette heure qu’un boulevard vient de s’ouvrir pour la mise en place d’un EMB soumis aux impératifs de puissances étrangères à la Belgique.
L’EMB, une organisation sous contrôle
La DH, 17 janvier 2012
Qui sont donc ces groupes radicaux et Etats étrangers qui tentent de s’ingérer dans la mise en œuvre d’une politique belge pour la communauté musulmane ? L’on peut citer trois pays particulièrement actifs, à divers degrés : la Turquie, le Maroc et l’Arabie Saoudite. Les deux premiers désirent contrôler leurs communautés immigrées présentes en Belgique. Ces deux pays défendent leurs intérêts propres – qui peuvent parfois être communs à ceux de l’Etat belge. Ils soulignent également que la première loyauté du croyant marocain ou turc doit être vis-à-vis du pays de ses ancêtres.
Belgique : Le Maroc et la Turquie accusés de menacer la cohésion des musulmans
Yabiladi, 16 janvier 2012
Après leurs frères d’Espagne et de France, c’est au tour des musulmans de Belgique de faire les frais de l’ingérence des « Etats étrangers » dans leur pratique religieuse. L'Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique (ADMB), dont trois membres ont été exclus de l’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB), l’instance suprême du culte musulman, accuse le Maroc et la Turquie de menacer la cohésion des musulmans du royaume d’Albert II.
Denis Ducarme interpelle la ministre
Ricardo GUTIERREZ
Le Soir, 17 janvier 2012
Je ne sais pas ce qui se trame à l’Exécutif musulman, mais j’invite la ministre des Cultes, Annemie Turtelboom, à réunir les “belligérants” et à constater le vice de procédure manifeste dans l’éviction de certains élus »… Le député Denis Ducarme (MR) n’a pas tardé à réagir à l’exclusion controversée, vendredi soir, des trois élus rénovateurs de l’Exécutif musulman (EMB), l’organe qui gère le temporel du culte islamique en Belgique.
La fin de l’Exécutif des Musulmans de Belgique

Par Caroline SÄGESSER
17 janvier 2012
Dans l’éviction des femmes et des membres de l’Alternative démocratique des musulmans de Belgique, on voit la confirmation du diagnostic de la Sûreté et on croit distinguer une reprise en main de la représentation de l’islam dans notre pays par le Diyanet turc et les services consulaires du Maroc…
07:16 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : islam, musulman, emb, admb, ugurlu, praile, maroc, turquie, turtelboom, ingérence, belge, belgique
15/01/2012
Les instances musulmanes Belges définitivement sous le contrôle des Etats étrangers
Communiqué de presse de l'ADMB* du 15 janvier 2012
Deux jours à peine après un rapport de la Sûreté d’Etat belge (p. 41) dénonçant les menaces de prise de contrôle de l’Exécutif des Musulmans de Belgique par des nervis à la solde d’Etats étrangers, l’éviction frauduleuse des seuls réformateurs hors de cet organe par une assemblée générale frauduleuse ce vendredi 13 janvier vient confirmer brillamment l’analyse de la Sûreté.
L’EMB n’est désormais plus dirigé que par des individus qui feront primer les intérêts de leur Etat d’origine sur ceux des Belges musulmans.
L’actuel Exécutif des Musulmans de Belgique, réduit aux 4 membres de la présidence depuis le 1er avril 2011, faute d’accord interne sur la table du Ministre de la Justice sur le dossier de renouvellement de l’institution, se trouvait à nouveau au terme de son dernier mandat, le 31 décembre 2011.
L’EMB actuel, n’ayant plus de légitimité, n’a pu que succomber à une mascarade pour parer à cette impasse, en provoquant un vote irrégulier durant l’Assemblée Générale du vendredi 13 janvier réunissant la poignée de membres survivants de l’Organe Représentatif du Culte Islamique de Belgique.
A l’encontre de l’ordre du jour prévu et faisant fi du règlement d’ordre intérieur de l’Exécutif (Art. 48), démonstration claire du peu de cas qu’ils font de la démocratie, ils ont ainsi orchestré l’exclusion illégale des 3 membres actifs qui refusaient de s’inscrire dans la lignée de l’Islam des ambassades (Isabelle PRAILE, vice-présidente de l’EMB, Mohamed FATHA-ALLH et Zehra GÜNAYDIN, membres de l’EMB).
Sur 44 membres élus de l’Assemblée Générale, 11 membres seulement étaient présents les poches pleines de procurations dont l’authenticité peut sérieusement être mise en doute. Le quorum nécessaire étant ainsi atteint, ils ont de la sorte pu maintenir en place, par un vote de confiance des membres proches des ambassades et voter une motion de défiance à l’encontre des membres rénovateurs, tous militants de l’Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique. Ces derniers sont réputés pour leur lutte pour un islam de transparence, citoyen, démocratique et surtout débarrassé de toute ingérence étatique.
Ce coup de force est intervenu dans un contexte où un projet de renouvellement de l’Exécutif des Musulmans de Belgique a du mal à convaincre le SPF justice car il n’incarne en rien la diversité des courants et des sensibilités religieuses présents dans la société belge.
L’équipe qui dirige actuellement l’EMB est téléguidée par les puissances étrangères pour imposer un agenda d’islamisation des populations musulmanes à la solde de Rabat et d’Ankara.
Les conséquences directes de ces velléités seront la mise en péril de la cohésion sociale et de la cohabitation pacifique des différentes communautés par une gestion du temporel du culte arbitraire et totalitariste, ouvrant la voie au radicalisme pointé du doigt dernièrement par le rapport officiel de la Sureté de l’Etat.
Dans ce contexte, l’Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique rappelle que l’assemblée générale ne jouit d’aucune reconnaissance légale ainsi que l’EMB qui en émane et que le mandat de celui-ci est réduit à la simple gestion des affaires courantes.
L’ADMB dénonce donc ce complot contre les rénovateurs de l’EMB et met en garde les autorités politiques et les citoyens belges contre de tels agissements qui bafouent les règles les plus élémentaires de droit.
L’ADMB ne reconnaît évidemment pas la légalité de ces décisions. Les membres « exclus » de l’EMB continueront à occuper leurs fonctions et à siéger au sein de cet organe. En outre, ces 3 membres envisagent tous les recours judiciaires pour mettre fin à ce véritable putsch, rétablir le droit et continuer à faire valoir les aspirations légitimes des Belges musulmans.
Contacts :
Karim GEIRNAERT: geirnaertk@hotmail.com 0486/331454
Isabelle PRAILE: isasoum@hotmail.com 0486/966114
* L’Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique (ADMB) est une plate-forme qui regroupe les forces vives de toutes les composantes de la communauté musulmane de Belgique sans distinction d’ethnie, de genre, ni d’écoles juridiques… L’ADMB a pour vocation de promouvoir un Organe Chef de Culte des Musulmans de Belgique représentatif, démocratique et indépendant de toute forme d’ingérence.
21:30 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : praile, sûreté, emb, musulman, exécutif, démocratique, islam, ingérence, belge, belgique
05/02/2011
La VRT s’ouvre à l’islam
Par Jan DE TROYER, chroniqueur
La Libre, 26 janvier 2011
Extrait choisi :
L’innovation la plus remarquée concerne l’islam, qui aura droit, dès 2011, à ses propres émissions télévisées. Elles seront produites par une ASBL subventionnée par le gouvernement flamand. La "Moslim Televisie en Radio Omroep" (MTRO) participera dorénavant aux "émissions concédées", dont le principe est que la VRT met à la disposition des grandes familles philosophiques 50 heures de sa grille horaire. Une nouvelle répartition sera donc nécessaire entre la communauté musulmane et les émissions existantes, protestantes, catholiques, laïques, orthodoxes, judaïques et celles de la Ligue des familles.
Le Centre des cultures islamiques en Flandre espère par ses programmes "montrer aux Flamands que les musulmans flamands ne sont pas des talibans", a déclaré Meryem Kanmaz au nom du Centre. L’islam a été reconnu par la Flandre comme religion en 1974, mais vu le fonctionnement bancal de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, trop longtemps dominé par l’Arabie Saoudite et handicapé par des dissensions communautaires (comme quoi Flamands et Wallons n’en ont pas l’apanage) et entre différentes nationalités, on a donc attendu près de 30 ans pour concrétiser cette reconnaissance à la VRT.
Selon le porte-parole néerlandophone de l’Exécutif, Mohamed Achaibi, la communauté musulmane de Belgique veut illustrer par les émissions comment elle vit ses grandes fêtes. "Nous voulons montrer que l’Islam est vécu en Belgique d’une autre façon qu’en Egypte, en Turquie ou au Maroc. Les émissions religieuses étrangères qui sont regardées par satellite parlent d’une tout autre réalité que celle de la Flandre".
Les émissions diffusées par la VRT seront présentées par des imams néerlandophones, ce qui devrait inciter son public à apprendre la langue du Nord. Pour cela, il faudra tout d’abord gagner une audience. Les émissions concédées n’ont jamais connu un grand succès. Pour convaincre les musulmans flamands de regarder ces nouvelles émissions d’inspiration contemporaine flamande, il sera nécessaire d’offrir des programmes de qualité qui montrent une réalité proche de l’audience cible. Un beau défi à relever.
14:57 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vrt, islam







