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24/05/2012

EMB: Nouvelle interpellation de la Ministre de la Justice

Commission de la Justice de la Chambre des Représentants

Mercredi 23 mai 2012

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Interpellations jointes de :

 

- M. Bert Schoofs à la ministre de la Justice sur "les récents développements en ce qui concerne l'exécutif musulman"


 

 

- M. Ben Weyts à la ministre de la Justice sur "l'exécutif musulman"

 

Lire le compte-rendu complet en néerlandais - Integraal verslag in het Nederlands

 

 

Bert Schoofs(VB): Le parcours de l’Exécutif des musulmans de Belgique depuis sa création est loin d’être irréprochable. Au début de l’année, la Sûreté de l’État a signalé que l’Exécutif était infiltré par des groupements étrangers radicaux désireux d’imposer leur vision de la religion musulmane. La Sûreté de l’État considère que leur présence risque d’influer sur l’évolution de l’islam institutionnel en Belgique ainsi que sur l’islam de manière plus générale.


 

 

L’Exécutif des musulmans de Belgique est également déchiré par les dissensions internes. Une perquisition a été récemment effectuée à la suite de la plainte déposée par une dame qui siégeait à l’Exécutif, mais qui en a été radiée.

 


 

À la mi-mars, la ministre avait annoncé la mise en place d’une structure de transition ainsi qu’un calendrier pour assurer le renouvellement au sein de l’organisme. La plainte déposée remonte à cette époque.

 

L'instruction judiciaire entrave-t-elle les mesures annoncées? Quand a-t-elle commencé? Quelles mesures la ministre a-t-elle déjà prises après ses déclarations de la mi-mars?

 

Qu'en est-il du suivi de l'infiltration de groupements externes?

 

Qu'en est-il actuellement du financement? L'exécutif n'est pas reconnu mais continue toutefois à bénéficier d'un financement. C'est sans doute une première.

 

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18/05/2012

La crise de légitimité de l’Exécutif des musulmans de Belgique exaspère les musulmans

Par Hanan Ben Rhouma, SaphirNews.com, 16 mai 2012

Une nouvelle fois, l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) est en pleine tempête judiciaire. Son siège a été perquisitionné le 9 mai dans le cadre d’une plainte déposée par plusieurs membres de l’EMB, dont la vice-présidente Isabelle Praile.

Ces derniers, membres de l’Alternative démocratique de musulmans de Belgique (ADMB), se sont plaints de leur éviction par l’EMB lors de l’Assemblée générale du 13 janvier 2012.

Plus qu’une querelle de personnes, c’est bien la volonté de l’ADMB de réformer le système de représentation des musulmans de Belgique qui ne passe pas du tout auprès des fédérations musulmanes qui contrôlent l'EMB.

Un problème qui perdure depuis des années maintenant à tel point que l'Etat belge a décidé de ne plus reconnaître l'instance depuis janvier.

Michael,PrivotL’islamologue belge Michael Privot, un converti également membre du CA de la mosquée de Verviers, la plus grande officiellement reconnue en Wallonie, nous explique l’actuelle crise que traverse l’EMB et les moyens d’y remédier.

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11/05/2012

Le siège de l'Exécutif des musulmans de Belgique perquisitionné

 

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Par Ristel Edimo,Yabiladi,11 mai 2012

 

L'Exécutif des musulmans de Belgique [EMB] est connu pour ses conflits internes à ne pas en finir. Mais celui-ci va certainement tenir les médias belges en alerte. Des perquisitions ont été menées par la police judiciaire mercredi dernier au siège de l'institution, suite à une plainte de la vice-présidente, Isabelle Praile, évincée des organes représentatifs de l'Exécutif. La police a découvert des éléments qui permettraient d'incriminer l'EMB. Détails.

 

Mercredi 10 mai, la section des affaires spéciales de la police judiciaire fédérale de Bruxelles, appelée DR7, a mené des perquisitions au siège de l’Exécutif des musulmans de France [EMB], l'organe représentatif des musulmans de Belgique, rapporte Le Vif-L’Express. Pour cause, une plainte contre X, avec constitution de partie civile, déposée par Isabelle Praile, vice-présidente de l’EMB, évincée des organes représentatifs de l'Exécutif. Les enquêteurs ont saisi le dossier de cette procédure d'éviction où des faux et usages de faux sont suspectés.

 

En effet, Isabelle Praile ne figure effectivement plus parmi les dirigeants de l'EMB, depuis l'Assemblée générale de l'organe tenue le 13 janvier dernier, comme il est aisé de constater sur le site de l'organe. Quel sont les violations notables dans la procédure d’éviction ? « Des règles précises n’ont pas été respectées. Il y a des pièces justificatives, mais pour le droit de l’enquête, je ne peux pas en dire plus », explique à Yabiladi Mme Praile qui dénonce des « manœuvres illégales ».

 

D’après elle, son éviction est due à une différence d’opinion au sujet du culte musulman dans son pays. Au sein de l’EMB, certains voudraient donner la gestion du culte aux « étrangers », tandis que d’autres, dont elle-même et deux autres membres également évincés de l’organe, veulent une gestion « belge » du culte musulman en Belgique. Il s’agit « de l’enjeu de l’avenir du culte », déclare déçue Mme Praile.

 

Un problème qui date

 

Selon la vice-présidente de l’EMB, c’est le même problème qui perdure depuis des années avec, en plus, d’autres moyens mis en œuvre pour essayer de renforcer la démarche. « C’est idéologique, lance-t-elle. Ils mettent en place une procédure complètement illégale parce que nous avons des avis différents. Où est la liberté d’expression ?». s’interroge-t-elle indignée.

 

Il est vrai que l’islam prend ses sources en Belgique « avec l’arrivée massive des Turcs et des Marocains dans les années 60, reconnait-elle. Mais avec le temps les choses ont évolué et aujourd’hui, l’islam n’est plus lié à l’immigration ». « Ils [les dirigeants actuel de l'EMB] veulent assoir les bases du culte via les institutions étrangères, comme la fédération des mosquées turques et bien d’autres. Pourtant, il y a des imams qui ne parlent pas le néerlandais ou le français. Ils n’ont aucune notion de la culture belge », affirme-t-elle.

 

« Nous, on veut un islam belge !»

« Nous, on veut un islam belge, clame Mme Praile. Il faut un islam représentatif de la diversité des musulmans de Belgique. Il faudrait limiter les influences étrangères et mettre un terme à ces tensions étrangères qui viennent perturber la bonne gestion du culte musulman en Belgique, préconise-t-elle ».

De son côté, L’Exécutif n'a toujours pas réagi. Son président, Semsetttin Ugurlu, reste jusqu’à présent injoignable. Il faut dire que l'EMB a souvent eu plusieurs conflits internes. Et très souvent liés à la différence d'opinion au sujet de la gestion du culte musulman en Belgique.

Les autorités belges, quant à elles, ne se prononcent pas. Selon Le Vif, la ministre belge de la Justice, Annemie Turtelboom, a justifié son inaction dans le dossier de la représentation du culte musulman par l'existence de cette enquête maintenant dirigée par le juge d’instruction Michel Claise. Contacté par Yabiladi ce matin, M. Claise a indiqué qu'il ne ferait pas de déclarations à ce sujet. Il faudra donc attendre les résultats de l'enquête.

EMB : analyse du Professeur Dassetto

 Le Professeur Dassetto nous envoie ce commentaire :

felice,dassetto,exécutif,musulmans"Je me permets de signaler le texte que je viens de publier en mars 2012 sur l'Exécutif des musulmans et les scenari possibles. Il est disponible en ligne sur le site du Cismoc/ Papers on-line.


Selon mon analyse il importe d'accepter qu'actuellement il n'y a pas de solution possible. Il est donc urgent de maintenir un statu quo pour que des réalités qui existent continuent à fonctionner. Mais en même temps il est indispensable d'œuvrer pour que dans 5 ou 10 ans il y ait une solution.


Continuer, comme on le fait depuis trente ans, à chercher rapidement une solution, ce serait encore une fois aboutir à un échec. Par contre, sans l'urgent du temps, il importe que les musulmanes et les musulmans, surtout des jeunes générations, œuvrent pour préparer à terme l'avenir de l'institution qui les concerne".

10/05/2012

Exécutif :blocage inadmissible

Annemie,Turtelboom,Exécutif,MusulmansChristian Laporte, La Libre, 10 mai 2012

S’il est un dossier qui fait furieusement du sur place du côté des cultes reconnus en Belgique, c’est bien celui de l’Exécutif des Musulmans qui n’a pas bougé d’un iota depuis le gouvernement d’affaires courantes d’Yves Leterme.

Pourtant, depuis lors, Annemie Turtelboom (Open VLD) est devenue une ministre de la Justice et donc de tutelle des cultes de plein exercice.

Mais la fracture entre les tenants d’un islam volontiers proche et donc aux ordres de certaines ambassades et ceux d’un islam aux accents belges n’a cessé de croître et régulièrement des parlementaires montent au front pour tenter de faire bouger les lignes.

Dernier en date, Bert Anciaux (SP.A) a constaté que l’Exécutif ne fonctionne plus que sur base d’arrêtés royaux qui ne lui permettent de percevoir que des moyens extrêmement limités.

"Pire : l’EMB a dû licencier du personnel et il n’est pas interdit de penser qu’il pourrait même se retrouver à la rue en raison de loyers impayés".

La ministre de la Justice a botté en touche en invoquant le prescrit constitutionnel de la liberté des cultes. "C’est aux cultes eux-mêmes qu’il appartient de créer une structure stable" a-t-elle répondu non sans ajouter que "la composition et les projets de renouvellement de l’actuel Exécutif des musulmans font l’objet d’un litige. Mon prédécesseur était déjà confronté à un point de vue minoritaire et à une prise de position majoritaire".

Et de rappeler que de fait lors d’une assemblée générale qui s’est tenue le 13 janvier, trois membres du courant minoritaire (NdlR : pro-islam belge) ont été démis et ont décidé de porter l’affaire en justice.

Pas question donc de s’ingérer alors qu’une instruction pénale est encore en cours mais pour Bert Anciaux, ces faits sont du passé et il siérait donc que l’Etat sorte enfin de son mutisme et prenne des mesures qui permettraient de sortir de l’imbroglio actuel. Et de les souhaiter "radicales". La ministre ne l’a pas exclu mais "tout dépendra de la teneur de l’initiative et de la question de savoir si elle ne constitue pas une violation de l’enquête judiciaire".

Plus que du sur place, un manque de courage politique ?

08/05/2012

EMB: Interpellation de la Ministre de la Justice au Sénat

 

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Sénat de Belgique, Commission de la Justice, Mercredi 2 mai 2012

Demande d’explications de M. Bert Anciaux à la ministre de la Justice sur «l’avenir et le fonctionnement de l’Exécutif des Musulmans de Belgique» (no 5‑2046)

 

M. Bert Anciaux (sp.a). – L’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) se trouve dans une impasse depuis quelque temps déjà. Le précédent ministre de la Justice a décidé de ne pas reconduire le mandat de l’Exécutif. À la suite de nombreux problèmes internes et organisationnels, l’EMB fonctionne désormais grâce à divers arrêtés royaux successifs. Il perçoit des moyens financiers très limités pour financer les affaires courantes.

J’ai interrogé le précédent ministre à ce sujet à plusieurs reprises. J’attends d’une nouvelle ministre pleinement compétente qu’elle fasse avancer ce dossier rapidement et surtout de manière satisfaisante.

Inutile de rappeler à la ministre l’importance d’un bon fonctionnement de l’Exécutif des musulmans. De plus en plus de Belges se déclarent musulmans ; ils représentent aujourd’hui 6% de la population et leur présence est de 25% à Bruxelles et de 4% en Flandre et en Wallonie. De bonnes relations, franches et efficaces, entre nos autorités et la communauté musulmane sont donc indispensables. Je suis convaincu qu’un Exécutif fort et actif est et peut être un allié dynamique et indispensable pour tous ceux qui aspirent à une société interculturelle, ouverte et donc florissante.

La communauté musulmane compte également de très nombreuses personnes qui sont prêtes à participer, dans un esprit positif, à la construction de notre société, à l’enrichir et à la soutenir. Malheureusement, nombreux sont ceux qui abandonnent en raison de l’impasse dans laquelle se trouve l’Exécutif depuis bien longtemps. L’EMB ne peut même plus assurer son fonctionnement quotidien. Par manque de moyens, il a dû licencier plusieurs personnes et il risque même de se retrouver à la rue en raison de loyers impayés.

La ministre reconnaît‑elle la nécessité d’un Exécutif des musulmans fort et bénéficiant d’une large assise ? Quelle est la situation ? Quelles sont les propositions sur la table et lesquelles la ministre juge‑t‑elle réalisables ? Que pense‑t‑elle de l’idée de scinder l’Exécutif en un Exécutif néerlandophone et un Exécutif francophone, dirigés par un président national ? En effet, l’EMB n’est‑il pas surtout actif dans des dossiers régionaux, comme la reconnaissance de communautés locales, l’enseignement, etc. ?

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24/04/2012

Le mandat des membres de l'Exécutif des Musulmans de Belgique

Question parlementaire écrite de Nahima LANJRI (CD&V) à la Ministre de la Justice, Annemie TURTELBOOM (Open VLD), publiée le 16 avril 2012 sur le site de la Chambre des Représentants, restée sans réponse.

(in het Nederlands)

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La reconnaissance des membres, titulaires d'un mandat au sein de l'Exécutif des Musulmans de Belgique a toujours été prorogée par voie d'arrêtés royaux. L'arrêté royal du 28 août 2011 a ainsi prolongé la reconnaissance des membres jusqu'au 31 décembre 2011.

 

Les problèmes de l'Exécutif des Musulmans de Belgique sont bien connus. J'ai déjà posé plusieurs questions à ce sujet au précédent ministre de la Justice.

 

Dans sa réponse à une question orale du 12 octobre 2011, votre prédécesseur a donné un bon aperçu des problèmes relatifs au processus de renouvellement. Deux conceptions différentes existaient en la matière (Question n° 5137, Compte Rendu Intégral, Chambre, 2010-2011, commission de la Justice, 7 juin 2011, CRIV 53 COM 255, p. 50).

 

Aucun consensus n'a pu être obtenu à ce sujet au sein de cet organe, même en ce qui concerne la structure de transition destinée à accompagner le processus de renouvellement (Compte Rendu Intégral, Chambre, 2011-2012, commission de la Justice, 12 octobre 2011, CRIV 53 COM 309, p. 52).

 

Votre prédécesseur a dès lors décidé de charger le bureau de l'Exécutif des Musulmans de Belgique de continuer à expédier les affaires courantes en vue d'éviter un vide juridique et d'assurer la continuité du processus de renouvellement. Il a également laissé entendre qu'il n'était pas possible de prolonger le mandat de l'ensemble des membres actuels de l'Exécutif étant donné que les conditions précises qui avaient été imposées n'étaient pas respectées.

 

Ce point m'inquiète quelque peu étant donné que le mandat des membres a expiré. Lors d'une récente réunion de l'Exécutif, qui s'est tenue le 13 janvier 2012, c'est-à-dire à un moment où les membres n'étaient plus mandatés, un vote de confiance non annoncé a été organisé pour la prorogation des mandats.

 

Or il se trouve que les membres représentant une certaine tendance ont été écartés de l'Exécutif dans des circonstances douteuses. Peu de membres avaient répondu présent (11 membres) et de plus, la validité des procurations pose question.

 

Une autre réunion, celle du 16 septembre 2011, lors de laquelle le président a été démis de ses fonctions d'une façon tout aussi douteuse, illustre également la nonchalance avec laquelle certains membres de l'Exécutif appliquent les règles légales. Votre prédécesseur a expressément indiqué que cette réunion était illégale (cf. CRIV 53 COM 309, p. 53).

 

La réduction du nombre de mandats risque en tout état de cause d'entraîner la non-représentation de certaines convictions au sein de l'Exécutif et partant, un manque de représentativité de ce dernier.

 

1. Où en est le processus de renouvellement?

 

2. a) Tous les membres verront-ils leur mandat renouvelé (avec effet rétroactif)? b) Dans l'affirmative, quand envisagez-vous de prendre un arrêté royal? c) Dans la négative, quelle structure remplacera cet organe et sur la base de quels critères les membres seront-ils sélectionnés?

 

3. Quelle suite réservez-vous à la décision de l'Exécutif de ne pas proroger le mandat de certains membres?

 

4. Quelle est votre position concernant les problèmes auxquels l'Exécutif est confronté et les moyens alloués?

19/04/2012

Turine : « Moi aussi, je suis inquiète »

 

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L’ex-coprésidente d’Ecolo ne nie pas, elle non plus, les problèmes. « Rappelons d’abord qu’il y a beaucoup de musulmans qui sont nés en Belgique, qui sont Belges. Nous devons, dans notre pays, accepter que leur religion fait partie du paysage belge ! Mais, à côté de cela, oui, il y a des choses sur lesquelles on doit intervenir. »

Et de pointer, notamment, l’Exécutif des musulmans. « Il est encore fort aux prises d’ambassades étrangères. L’un des principaux enjeux, c’est de permettre aux musulmans de Belgique d’organiser leur culte au départ de notre pays. On aura alors des imams en phase avec les réalités. Et l’on évitera les prêches scandaleux, coupés du contexte. Il faut un plus grand dialogue entre les responsables politiques et les organisateurs des cultes. »

Sarah Turine observe aussi avec inquiétude l’évolution sur le terrain. « Faute de reconnaissance, certains jeunes se laissent prendre par la radicalisation. Récemment, une personne qui s’occupe de jeunes d’Afrique subsaharienne me disait qu’ils trouvaient davantage refuge dans les églises que dans les associations de jeunesse. C’est pareil avec les mosquées. Cela ne va pas. On ne peut pas laisser une minorité radicale prendre le pas. »

Le Soir, 18 avril 2012

03/04/2012

Lettre de l’ADMB* aux présidents de partis et au monde politique

Bruxelles, le 08 février 2012

Objet : Le dossier de la reconnaissance de l’Islam de Belgique

Madame …, Monsieur … le (la) Président(e) du parti politique …,

Vous avez sans doute eu vent (les médias en ont abondamment traité) des derniers épisodes qui ont ébranlé de façon regrettable l’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB). Compte tenu de l’importance du dossier de l’Islam de Belgique, nous souhaitons recadrer à votre intention les événements récents dans leur contexte plus général de manière à vous permettre une compréhension optimale.

La Belgique compte en effet aujourd’hui plus de 600.000 citoyens de confession musulmane. Et ce chiffre devrait continuer à croître ces prochaines années. Il convient donc que l’Etat belge offre dès à présent, à l’instar d’autres corps sociaux, tous les moyens à cette communauté de continuer à s’insérer de façon harmonieuse et pacifique dans la société, contribuant ainsi à une cohésion sociale accrue et un meilleur vivre ensemble.

Pour mémoire, rappelons que le culte islamique a été officiellement reconnu en 1974. Le premier interlocuteur de l’Etat belge fut le Centre islamique et culturel de Belgique à qui le statut de représentant de culte musulman a été retiré en 1989 par les autorités belges. Un des arguments avancés par certains politiques était l’ingérence étrangère et un déficit dans la représentativité des populations musulmanes installées en Belgique. A cette époque déjà émergea l’idée que la gestion du temporel du culte musulman devait impérativement trouver sa source en Belgique afin de développer un islam démocratique et respectueux des valeurs occidentales.

La structure de l’Islam n’étant pas hiérarchisée, sur proposition de la base de la communauté musulmane de Belgique, les responsables politiques optèrent alors pour des élections en vue de constituer un organe collégial et sociologiquement représentatif. Après plusieurs tentatives infructueuses, c’est finalement en 1998 que le premier Exécutif issu des élections a été mis en place. Pour diverses raisons, “sa représentativité” fut néanmoins contestée, ce qui entraîna de nouvelles élections en 2005. Celles-ci furent boycottées par une grande partie de la communauté musulmane qui reprochait notamment les modalités d’organisation et l’ingérence dans ces élections…

Nouvel épisode : l’EMB issu des élections de 2005 vole à son tour en éclat en 2007 à la suite des ennuis judiciaires de plusieurs de ses membres poursuivis pour faux en écriture, abus de confiance et détournement, etc., ce à quoi s’ajoute ensuite la démission de l’ex-président de l’EMB entrainant avec lui presque le tiers des membres de l’assemblée générale.

Début 2008, un nouvel EMB est constitué in extrémis par l’Assemblée générale des musulmans de Belgique. Le Ministre de la Justice demande à l’EMB fraîchement élu d’organiser des concertations avec toute la population musulmane de Belgique en vue de proposer une nouvelle forme d’organisation pour l’Organe chef du culte Islamique. Il faut savoir qu’à cette époque, le bruit circulait que la crise précédente de l’EMB était due au système électoral déficient, alors que, en réalité, elle avait pour origine la mauvaise gestion de quelques individus guidés par leur seul intérêt personnel voire mal intentionnés. Dans ce contexte, le Ministre concerné continuait néanmoins à demander la poursuite des concertations entre tous les partenaires…

Rapidement cependant, une partie de l’EMB confisque les débats pour les mener en vases clos entre personnes déjà ralliées à la même cause. A savoir, celle de la défense d’un projet de renouvellement exclusivement basé sur les mosquées, elles-mêmes inféodées à des Etats étrangers (Maroc et Turquie, en l’occurrence) et rejetant une grande partie de la communauté musulmane, en particulier les femmes, les jeunes, le monde associatif et toutes les minorités ethniques et religieuses.

Plusieurs membres de l’EMB, écartés des concertations en raison de leur refus d’adhérer au projet des mosquées, créent alors l’ « Alternative démocratique des musulmans de Belgique» (ADMB),une plate-forme regroupant des acteurs issus de toutes les composantes de la communauté musulmane de Belgique sans distinction d’ethnies, de genres, ni d’écoles juridiques.

Depuis sa création, l’ADMB œuvre ainsi pour faire entendre la voix de tous les citoyens belges de confession musulmane exclus du processus de renouvellement en cours de l’EMB en prônant le seul dispositif pouvant à ses yeux mener à la mise sur pied d’un Organe représentatif du culte islamique de Belgique qui soit à la fois démocratique, transparent, citoyen et indépendant de toute forme d’ingérence : des élections générales ouvertes à toute la communauté musulmane, « balisées » pour permettre une gestion légale et « saine » du temporel du culte musulman.

De 2008 à 2011, le projet des mosquées étant largement décrié par l’ADMB, le Ministre de la Justice a attendu, en vain, un projet de renouvellement de l’EMB faisant l’objet d’un consensus au sein de la communauté musulmane.

Entre octobre et décembre 2011, il met autour de la table les 4 membres du Bureau de l’EMB, constitué du Président et des 3 vice-présidents de l’EMB (parmi lesquels Isabelle PRAILE, également membre de l’ADMB), en vue de trouver un compromis autour d’un projet de renouvellement devant mener à la constitution d’un Exécutif réellement représentatif des musulmans de Belgique.

Au moment où le Bureau de l’EMB commence enfin à engranger certaines avancées en vue d’un consensus et où une nouvelle Ministre, Madame TURTELBOOM, vient de prendre ses fonctions, contre toute attente, le Président de l’EMB fait convoquer, le 13 janvier 2012, une Assemblée générale. Il faut savoir que, initialement, cette AG devait prolonger le mandat de l’EMB afin d’être en phase avec la reconduite de ce mandat par les autorités politiques via la publication d’un arrêté royal.

Mais, autre coup de théâtre : l’AG du 13 janvier 2012 décide la reconduction du seul mandat des membres de l’EMB proches des ambassades étrangères, à l’exclusion des 3 membres de l’EMB faisant partie de l’ADMB (Isabelle PRAILE, vice-présidente de l’EMB, Mohamed FATHA-ALLAH et Zehra GÜNAYDIN), par le biais d’un vote de confiance non prévu dans l’ordre du jour.

La manière dont s’est déroulé ce vote est, en outre, évidemment très contestable : en effet, sur les 44 membres que compte l’AG, seuls 11 étaient présents, munis de procurations dont on peut douter de la validité de certaines d’entre elles… A la Justice de trancher le cas échéant s’il apparaît que des irrégularités ont été commises.

En tout état de cause, force est de constater que l’EMB n’est désormais plus dirigé aujourd’hui que par des individus dont la plupart semblent faire primer les intérêts de leur Etat d’origine plutôt que ceux des Belges musulmans.

Au-delà de la situation actuelle de l’EMB et de l’exclusion irrégulière de ses membres rénovateurs issus de l’ADMB, c’est ainsi tout le futur de l’Islam de Belgique qui nous préoccupe au plus haut point.

Ajoutons que, dans son rapport pour l’année 2010, la Sûreté de l’Etat met en garde contre l’ingérence de puissances étrangères et de groupements radicaux islamiques dans l’islam institutionnel en ces termes : « Des puissances étrangères et un groupement turc radical se sont ingérés dans les structures de l’islam institutionnel pour tenter d’imposer leurs vues. En ce qui concerne l’avenir, il est permis d’affirmer qu’une telle ingérence, susceptible d’influencer dans une large mesure, voire de contrarier, le fonctionnement de l’organe du culte islamique, ne perdra certainement pas en intensité. Il est à noter que la décision finale concernant les modalités de renouvellement peut avoir un impact majeur sur l’évolution future dans notre pays tant de l’islam institutionnel que de l’islam dans son ensemble ». Inquiétant, non ?

Nous estimons pour notre part que toutes les personnes de bonne volonté concernées par ce dossier ont la responsabilité de déterminer aujourd’hui quel Islam elles souhaitent pour la société belge : un islam importé, étranger à notre culture et nos traditions nationales, ou un islam en phase avec notre démocratie et les valeurs qu’elle sous-tend. Car tel est bien l’enjeu principal de cette problématique.

Nous nous permettons enfin d’attirer toute votre attention sur ce dossier et de demander toute votre vigilance par rapport à son suivi.

Nous vous remercions d’avoir pris le temps de nous lire. Nous nous tenons évidemment à votre disposition pour toutes explications complémentaires et, si vous le jugez nécessaire, sommes prêts à vous rencontrer à votre meilleure convenance.

Recevez, Madame …, Monsieur … le (la) Président(e) du parti politique …, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Pour l’ADMB,

- Mr Abderrahmane El Youssouffi : expert de l’ADMB, doctorant en Sciences Sociales à l’ULB

- Mme Zehra Gunaydin : membre de l’ADMB, membre de l’EMB, docteur en médecine

– Mr Michaël Privot : expert de l’ADMB, islamologue, Trésorier du Complexe Educatif et Culturel Islamique de Verviers – Mosquée Assahaba

– Mr Mohammed Fatha-Allah : membre de l’ADMB, membre de l’EMB, Président de l’asbl des Finances “Collège de l’EMB”, imam, professeur de religion islamique

– Mr Mussa Zulfikarali : membre de l’ADMB, ingénieur commercial Solvay, responsable d’une mosquée pakistanaise

– Mr Iqbal Qureshi : membre de l’ADMB, membre de l’EMB, président de la mosquée pakistanaise d’Anvers, Senior Auditor / Manager de Halal Food Council of Europe (vzw) Belgium

– Mr Karim Geirnaert : membre de l’ADMB, expert en alimentation halal, responsable de la fédération de scoutisme musulman

– Mme Isabelle Praile : membre de l’ADMB, vice-présidente de l’EMB, actrice associative dans divers projets (féminin, scoutisme musulman, dialogue interreligieux,…)

– Mr Yacob Mahi : expert de l’ADMB, théologien et Islamologue, Professeur en secondaire à Bruxelles et à l’Université de Strasbourg.

Contact : Praile Isabelle – Gsm : 0486/966.114 – Email : isasoum@hotmail.com


*L’Alternative Démocratique des Musulmans de Belgique (ADMB) est une plate-forme qui regroupe des acteurs issus de toutes les composantes de la communauté musulmane de Belgique sans distinction d’ethnie, de genre, ni d’écoles juridiques… L’ADMB a pour vocation de promouvoir un Organe Chef de Culte des Musulmans de Belgique représentatif, démocratique et indépendant de toute forme d’ingérence.

01/03/2012

Interpellation de la Ministre de la Justice par Ben Weyts (N-VA)

Commission de la Justice de la Chambre des Représentants de Belgique, le 29 février 2012

Ben,Weyts

Questions jointes de

 

- Mme Nahima Lanjri à la ministre de la Justice sur "le mandat des membres de l'Exécutif des Musulmans de Belgique"

 

- M. Ben Weyts à la ministre de la Justice sur "l'Exécutif des Musulmans de Belgique"

 

06.01 Ben Weyts (N-VA): Le 13 janvier dernier s’est tenue une assemblée générale extraordinaire. Au cours de cette réunion, un nouvel Exécutif des Musulmans a été constitué et un plan de réforme a été adopté. Il me revient que, sur les 17 membres, l’on a exclu 8 membres qui soutenaient une proposition alternative de renouvellement et qui mettaient les autres membres en garde contre les influences étrangères.

 

L’ancien ministre de la Justice avait décidé de ne pas prolonger le mandat de l’Exécutif en raison de son incapacité à concevoir un projet de réforme unanime. Sur la Moslim Televisie en Radio Omroep (MTRO), l’Exécutif des Musulmans tente de donner l’impression qu’un large consensus s’est dégagé sur le projet de renouvellement. Or, on constate une absence totale d’unanimité au sein de la communauté musulmane. En effet, toute personne proposant une solution alternative est exclue d’office.

 

Et pourtant, voilà que le gouvernement souhaite à nouveau octroyer des subventions à cet Exécutif. En 2011, il s’était vu accorder, par le biais de trois arrêtés royaux, des moyens à concurrence de 320 000 euros en vue d’assurer la continuité de ses activités. La ministre a indiqué précédemment que le mandat de l’Exécutif n’était pas prolongé pour le moment, mais qu’il bénéficierait bien d’un financement. Dans l’intervalle, Mme Turtelboom a entamé un cycle de consultations avec les membres de l’Exécutif des Musulmans.

 

La procédure interne qui a débouché sur l’exclusion de certains membres de l’Exécutif est-elle valable? Le gouvernement approuve-t-il le prétendu projet de rénovation? À l’instar de la Sûreté de l’État, la ministre s’inquiète-t-elle de la possible influence croissante des ambassades étrangères sur l’organisation de l’islam en Belgique?

Le président de l’assemblée générale a proposé, dans un reportage de la MTRO, de diviser l’assemblée générale en un conseil francophone et un conseil néerlandophone. Quelles mesures ont déjà été prises en ce sens?

 

Pouvez-vous expliquer le financement de l’Exécutif?


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24/02/2012

Démission à la tête de l'Exécutif des Musulmans de Belgique

Une information révélée en exclusivité par le site gundem.be le mercredi 22/02/12 (lire la lettre de démission en turc et en français)

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"J'estime qu'il est à présent judicieux de transmettre le flambeau à d'autres gens."

 

Le vice-président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB), Mohamed Adahchour, qui occupe ce poste depuis 2005, a présenté sa démission mercredi soir. Il souhaite cependant rester membre de l'assemblée générale de l'ASBL Collège de l'Exécutif des Musulmans de Belgique.

"Après cette période relativement longue au cours de laquelle j'ai pu oeuvrer avec grand enthousiasme, j'estime qu'il est à présent judicieux de transmettre le flambeau à d'autres gens afin de leur permettre à leur tour d'apporter un nouveau souffle à notre institution", a-t-il indiqué dans sa lettre transmise au président de l'EMB et au président de l'ASBL Collège de l'EMB.

L'Exécutif connaît depuis un temps quelques tensions entre ses membres "conservateurs" et "réformateurs", rassemblés au sein de l'Alternative démocratique des musulmans de Belgique (ADMB).

La raison de la démission du vice-président ne se trouverait néanmoins pas là, a estimé le président de l'EMB, Ugurlu Semsettin, dont le mandat a été prolongé à la mi-janvier ainsi que les mandats des huit autres membres composant l'Exécutif, dont Mohamed Adahchour.

"Je viens de recevoir sa lettre. Il s'agit d'une décision tout à fait libre et je suis en train de lui demander de revoir celle-ci. Nous connaissons actuellement des difficultés budgétaires en raison des subsides que l'Etat nous a attribués mais ne nous a jusqu'à présent pas encore versés. Cela prend du temps. Je ne connais pas la raison de cette démission mais il y a sûrement plusieurs éléments qui ont joué", a expliqué jeudi Ugurlu Semsettin.

"Cette décision, qui fait suite à certaines contraintes personnelles, a été mûrement réfléchie", concluait dans sa lettre Mohamed Adahchour.

Belga, le 23 février 2012

14/02/2012

La formation des imams mise en chantier

Un article traduit en français par Médiation (Lire la version originale en néerlandais)

 

Les universités sont ouvertes pour une nouvelle formation

 

 

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À partir de 2013, et au plus tard en 2014,  les jeunes pourront se former via une institution flamande pour devenir imam. Un complément de « leçons » sur l’Islam dans le secondaire est aussi sur la table.

 

Pascal Smet (SP.A), Ministre de l’Enseignement, est en train de préparer une formation pour les leaders musulmans. La semaine passée, il a rencontré l’Exécutif des Musulmans et des représentants de l’Enseignement supérieur. Smet a également mis sur pied un groupe de travail en vue de régler les détails de la formation.

 

A partir de  2014, il y aura de l’argent pour cette nouvelle formation. « Mais si une institution est déjà prête, nous essayerons de trouver les moyens », dit Jeroen Janssens, porte-parole de Smet. Nous voyons venir la formation avec satisfaction.

 

Suite à un rapport sur les imams en Flandre, le Ministre flamand de l’intégration, Geert Bourgeois, (N-VA) a conclu que la formation était absolument nécessaire (DS 16 janvier).

 

À l’heure actuelle, presque tous les imams qui travaillent ici viennent de l’Etranger. Cela complique leur contact avec les jeunes qui ont souvent le néerlandais comme langue maternelle.

 

"Nous allons dans le même sens que le Ministre", dit Mohamed Achaibi, porte-parole de l’Exécutif Musulman. « Dans les mosquées flamandes, nous avons besoin d’imams qui connaissent cette société. Les imams doivent savoir lire les journaux et savoir ce qui se vit en-dehors de la mosquée. Pour un imam qui vient du Maroc ou de la Turquie, ce n’est pas si simple que cela. C’est pourquoi les jeunes qui ont grandi ici doivent pouvoir devenir imams ».

 

La formation doit-elle consister en un Bachelor ou un Master, et quelles institutions proposeront la formation, ce n’est pas encore déterminé. Ceci sera examiné par le groupe de travail. La KU Leuven et l’Université d’Anvers ont déjà déclaré qu’elles étaient très intéressées par la mise en place de la formation.

 

Selon Achaibi, la formation des imams n’est qu’une première étape. Pour permettre aux jeunes d’être vraiment prêts pour la profession, ils devraient déjà pouvoir suivre l’option « Islam » dans le secondaire.

 

Achaibi : « on ne devient pas imam comme cela. D’abord, il faut maîtriser parfaitement l’arabe classique. Deuxièmement, chaque imam doit connaître le Coran par cœur. Il vaut mieux commencer à apprendre l’arabe et le Coran avant 18 ans. Si le Ministre veut que les mosquées engagent des imams flamands, il devra prévoir une formation préalable ».

 

« Comparons avec les orientations en électro-mécanique ou soins infirmiers. Là, les jeunes ne reçoivent pas seulement des matières générales mais aussi des matières techniques. Pourquoi ne pas organiser une telle orientation vers l’Islam ? ».

 

Le Ministre Smet ne veut pas voir une orientation distincte dans l’enseignement secondaire. Le porte-parole Janssens : « Nous avons déjà demandé au groupe de travail d’examiner s’il était possible d’organiser des cours supplémentaires sur l’Islam. Les jeunes intéressés peuvent suivre ces leçons après les heures de cours ».

 

Maxie Eckert, De Standaard, 6 février 2012

08/02/2012

Nouvelle interpellation de la Ministre de la Justice par Denis Ducarme

Commission de la Justice de la Chambre des Représentants de Belgique, le 8 février 2012

 

Question de M. Denis Ducarme à la ministre de la Justice sur "l'évolution de la situation au sein de l'Exécutif des Musulmans de Belgique"

 

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Denis Ducarme (MR): Madame la ministre, début janvier, je vous interpellais sur la dernière crise en date au sein de l'Exécutif des Musulmans de Belgique. Je vous interrogeais alors sur la légalité de l'exclusion de la vice présidente et d'autres membres de l'Exécutif par l'assemblée générale.

 

Cette décision semblait contestable à plusieurs niveaux sur la forme. Premièrement, le bureau de l'Exécutif a été validé par arrêté royal proposé par votre prédécesseur jusqu'à la date du 31 décembre 2011, et non au-delà. Deuxièmement, selon mes informations, le règlement d'ordre intérieur de l'Exécutif des Musulmans de Belgique n'a pas été respecté, l'ordre du jour de cette réunion du 13 janvier dernier n'appelant pas de point proposant une telle démarche. Lors du dernier échange, on n'avait pu préciser ce qu'il en était à cet égard.

 

Madame la ministre, pouvez-vous informer le parlement sur la régularité de cette décision? Est-elle légale ou non?

 

Lors de notre dernier échange début janvier, vous m'indiquiez aussi que vous veilleriez à relancer les pourparlers assurés par votre prédécesseur pour aider à réaliser le compromis au sein de cette instance. Pouvez-vous me confirmer que les personnes exclues par l'assemblée générale et les représentants de l'ADMB participant aux pourparlers organisés par votre prédécesseur ont également été entendus? Pouvez-vous informer le parlement sur l'évolution des pourparlers tant sur la forme que sur le fond et lui faire savoir si, par ailleurs, une forme de réconciliation a pu être rencontrée au sein de cette instance?

 

Annemie Turtelboom, ministre: Monsieur Ducarme, le bureau de l'Exécutif des Musulmans de Belgique, qui avait un mandat par l'arrêté royal du 28 août 2011 jusqu'au 31 décembre 2011, doit continuer, dans le cadre des principes de la continuité d'un service public, à gérer les dossiers jusqu'à la mise en place d'un autre Exécutif, étant donné que les membres et titulaires d'un mandat au sein de l'Exécutif sont reconnus par un arrêté royal.

 

Je l'avais déjà signalé dans ma réponse précédente: il ne me revient pas, mais bien aux cours et tribunaux, d'apprécier l'application du règlement d'ordre intérieur. Son application est une affaire interne du culte islamique.

 

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02/02/2012

Plaidoyer pour un véritable Islam belge

Christian Laporte

La Libre, 2 février 2012

 

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Chemsi Cheref-Khan incarne la vision laïque de l’Islam en Belgique. Ce franc-maçon jette les bases d’une meilleure représentation musulmane.

 

Vivant et travaillant en Belgique depuis un demi-siècle, Chemsi Cheref-Khan est connu dans les milieux laïques et musulmans et dans les cénacles intellectuels comme le zélateur d’un humanisme musulman et d’un islam des Lumières intégré dans la société occidentale.

 

Face à divers constats récents que cette idée, que le monde politique appelle de ses vœux, a du mal à émerger, il a décidé de révéler son appartenance à la franc-maçonnerie afin de "booster" celles et ceux qui pensent comme lui en vue de jeter, enfin, les bases d’un véritable islam belge. Avec parmi les outils pour le promouvoir la création d’un Institut pour un humanisme musulman.

Pourquoi dévoiler votre qualité de maçon, membre du Grand Orient de Belgique ?

L’islam belge, ça fait vraiment très longtemps qu’on en parle et que rien ne progresse. Un peu plus de 10 ans après mon arrivée en Belgique, l’islam était la deuxième religion en Belgique. Lors du débat parlementaire sur sa reconnaissance, en 1974, certains élus plaidaient déjà pour le soustraire aux influences étrangères. Il était bien en place. A cause de la crise du pétrole, pour faire de bonnes affaires ou encore pour remercier le roi d’Arabie saoudite pour sa générosité après l’incendie de l’Innovation, la Belgique avait concédé le Pavillon oriental, dans le parc du Cinquantenaire, à l’Arabie saoudite.

Il se mua en Grande Mosquée et devint le siège européen de la Ligue islamique mondiale dont le rôle ne cessa de s’accroître. Mais entretemps, le Parlement ignorait tout de la doctrine juridique de l’islam.

C’était dérangeant pour un esprit critique car la reconnaissance fut acquise pour des raisons diverses. L’on voulait intégrer les musulmans ou alors les voir préserver leurs racines pour qu’ils rentrent chez eux ; il y avait les promesses de juteux contrats et on voulait soutenir les Américains, qui s’alliaient aux musulmans les plus radicaux dans leur lutte contre le communisme. Cela ne s’est jamais vraiment arrangé.

Les remous récurrents au sein de l’Exécutif des Musulmans de Belgique attestent aussi, si nécessaire, qu’il est urgent de changer de cap.

On doit d’autant plus se battre pour cet islam belge en ces temps agités où d’aucuns voudraient mettre tous les musulmans dans le même sac.

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01/02/2012

La fin de l’Exécutif des Musulmans de Belgique ?

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Texte publié le 25.01.2012 sur le site http://www.o-re-la.org

 

Observatoire des Religions et de la Laïcité

 

 

(NB: C'est nous qui surlignons - Equipe Médiation)

 

L’Exécutif des Musulmans de Belgique, organe représentatif du culte islamique, a été mis sur pied en 1999. Depuis, il n’a cessé d’être l’objet de critiques et la proie de dissensions internes. Dernière en date, le vote de défiance de l’Assemblée des Musulmans du 13 janvier 2012 à l’égard de membres d’un Exécutif qui ne jouit plus de la reconnaissance des pouvoirs publics.

Le culte islamique a été reconnu par une loi du Parlement belge, c’est-à-dire formellement admis au financement public, en 1974. Cette reconnaissance entraînait la nécessité de reconnaître également un organe représentatif pour ce culte, indispensable pour mettre en œuvre cette décision, en vertu du dispositif constitutionnel belge. Diverses voies ont été explorées par les pouvoirs publics pour obtenir cet organe représentatif.

Dans un premier temps, ils se sont tournés vers le Centre islamique et culturel, qui occupait depuis 1969 le pavillon oriental (la « grande mosquée ») du parc du Cinquantenaire, à proximité des institutions européennes. Mais la non-représentativité du Centre, proche de l’Arabie Saoudite, par rapport aux musulmans de Belgique, qui sont pour l’essentiel originaires du Maroc et de la Turquie, a conduit à rechercher une autre solution.

Après divers aléas, l’idée d’organiser des élections au sein de la communauté musulmane toute entière s’est imposée à la fin des années 1990, selon un scénario à deux degrés : les fidèles éliraient au suffrage universel les membres d’une Assemblée, chargée de désigner les membres du futur organe représentatif du culte, l’Exécutif des Musulmans de Belgique.

Ce système à deux degrés avait été prévu pour qu’un filtre vienne assurer la représentation des diverses tendances du monde musulman belge - et des femmes - au sein de l’Exécutif, mais aussi pour permettre à la Sûreté de l’Etat de vérifier les noms des candidats avant leur nomination à l’Exécutif.

Suite :

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