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24/02/2012

Démission à la tête de l'Exécutif des Musulmans de Belgique

Une information révélée en exclusivité par le site gundem.be le mercredi 22/02/12 (lire la lettre de démission en turc et en français)

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"J'estime qu'il est à présent judicieux de transmettre le flambeau à d'autres gens."

 

Le vice-président de l'Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB), Mohamed Adahchour, qui occupe ce poste depuis 2005, a présenté sa démission mercredi soir. Il souhaite cependant rester membre de l'assemblée générale de l'ASBL Collège de l'Exécutif des Musulmans de Belgique.

"Après cette période relativement longue au cours de laquelle j'ai pu oeuvrer avec grand enthousiasme, j'estime qu'il est à présent judicieux de transmettre le flambeau à d'autres gens afin de leur permettre à leur tour d'apporter un nouveau souffle à notre institution", a-t-il indiqué dans sa lettre transmise au président de l'EMB et au président de l'ASBL Collège de l'EMB.

L'Exécutif connaît depuis un temps quelques tensions entre ses membres "conservateurs" et "réformateurs", rassemblés au sein de l'Alternative démocratique des musulmans de Belgique (ADMB).

La raison de la démission du vice-président ne se trouverait néanmoins pas là, a estimé le président de l'EMB, Ugurlu Semsettin, dont le mandat a été prolongé à la mi-janvier ainsi que les mandats des huit autres membres composant l'Exécutif, dont Mohamed Adahchour.

"Je viens de recevoir sa lettre. Il s'agit d'une décision tout à fait libre et je suis en train de lui demander de revoir celle-ci. Nous connaissons actuellement des difficultés budgétaires en raison des subsides que l'Etat nous a attribués mais ne nous a jusqu'à présent pas encore versés. Cela prend du temps. Je ne connais pas la raison de cette démission mais il y a sûrement plusieurs éléments qui ont joué", a expliqué jeudi Ugurlu Semsettin.

"Cette décision, qui fait suite à certaines contraintes personnelles, a été mûrement réfléchie", concluait dans sa lettre Mohamed Adahchour.

Belga, le 23 février 2012

14/02/2012

La formation des imams mise en chantier

Un article traduit en français par Médiation (Lire la version originale en néerlandais)

 

Les universités sont ouvertes pour une nouvelle formation

 

 

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À partir de 2013, et au plus tard en 2014,  les jeunes pourront se former via une institution flamande pour devenir imam. Un complément de « leçons » sur l’Islam dans le secondaire est aussi sur la table.

 

Pascal Smet (SP.A), Ministre de l’Enseignement, est en train de préparer une formation pour les leaders musulmans. La semaine passée, il a rencontré l’Exécutif des Musulmans et des représentants de l’Enseignement supérieur. Smet a également mis sur pied un groupe de travail en vue de régler les détails de la formation.

 

A partir de  2014, il y aura de l’argent pour cette nouvelle formation. « Mais si une institution est déjà prête, nous essayerons de trouver les moyens », dit Jeroen Janssens, porte-parole de Smet. Nous voyons venir la formation avec satisfaction.

 

Suite à un rapport sur les imams en Flandre, le Ministre flamand de l’intégration, Geert Bourgeois, (N-VA) a conclu que la formation était absolument nécessaire (DS 16 janvier).

 

À l’heure actuelle, presque tous les imams qui travaillent ici viennent de l’Etranger. Cela complique leur contact avec les jeunes qui ont souvent le néerlandais comme langue maternelle.

 

"Nous allons dans le même sens que le Ministre", dit Mohamed Achaibi, porte-parole de l’Exécutif Musulman. « Dans les mosquées flamandes, nous avons besoin d’imams qui connaissent cette société. Les imams doivent savoir lire les journaux et savoir ce qui se vit en-dehors de la mosquée. Pour un imam qui vient du Maroc ou de la Turquie, ce n’est pas si simple que cela. C’est pourquoi les jeunes qui ont grandi ici doivent pouvoir devenir imams ».

 

La formation doit-elle consister en un Bachelor ou un Master, et quelles institutions proposeront la formation, ce n’est pas encore déterminé. Ceci sera examiné par le groupe de travail. La KU Leuven et l’Université d’Anvers ont déjà déclaré qu’elles étaient très intéressées par la mise en place de la formation.

 

Selon Achaibi, la formation des imams n’est qu’une première étape. Pour permettre aux jeunes d’être vraiment prêts pour la profession, ils devraient déjà pouvoir suivre l’option « Islam » dans le secondaire.

 

Achaibi : « on ne devient pas imam comme cela. D’abord, il faut maîtriser parfaitement l’arabe classique. Deuxièmement, chaque imam doit connaître le Coran par cœur. Il vaut mieux commencer à apprendre l’arabe et le Coran avant 18 ans. Si le Ministre veut que les mosquées engagent des imams flamands, il devra prévoir une formation préalable ».

 

« Comparons avec les orientations en électro-mécanique ou soins infirmiers. Là, les jeunes ne reçoivent pas seulement des matières générales mais aussi des matières techniques. Pourquoi ne pas organiser une telle orientation vers l’Islam ? ».

 

Le Ministre Smet ne veut pas voir une orientation distincte dans l’enseignement secondaire. Le porte-parole Janssens : « Nous avons déjà demandé au groupe de travail d’examiner s’il était possible d’organiser des cours supplémentaires sur l’Islam. Les jeunes intéressés peuvent suivre ces leçons après les heures de cours ».

 

Maxie Eckert, De Standaard, 6 février 2012

08/02/2012

Nouvelle interpellation de la Ministre de la Justice par Denis Ducarme

Commission de la Justice de la Chambre des Représentants de Belgique, le 8 février 2012

 

Question de M. Denis Ducarme à la ministre de la Justice sur "l'évolution de la situation au sein de l'Exécutif des Musulmans de Belgique"

 

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Denis Ducarme (MR): Madame la ministre, début janvier, je vous interpellais sur la dernière crise en date au sein de l'Exécutif des Musulmans de Belgique. Je vous interrogeais alors sur la légalité de l'exclusion de la vice présidente et d'autres membres de l'Exécutif par l'assemblée générale.

 

Cette décision semblait contestable à plusieurs niveaux sur la forme. Premièrement, le bureau de l'Exécutif a été validé par arrêté royal proposé par votre prédécesseur jusqu'à la date du 31 décembre 2011, et non au-delà. Deuxièmement, selon mes informations, le règlement d'ordre intérieur de l'Exécutif des Musulmans de Belgique n'a pas été respecté, l'ordre du jour de cette réunion du 13 janvier dernier n'appelant pas de point proposant une telle démarche. Lors du dernier échange, on n'avait pu préciser ce qu'il en était à cet égard.

 

Madame la ministre, pouvez-vous informer le parlement sur la régularité de cette décision? Est-elle légale ou non?

 

Lors de notre dernier échange début janvier, vous m'indiquiez aussi que vous veilleriez à relancer les pourparlers assurés par votre prédécesseur pour aider à réaliser le compromis au sein de cette instance. Pouvez-vous me confirmer que les personnes exclues par l'assemblée générale et les représentants de l'ADMB participant aux pourparlers organisés par votre prédécesseur ont également été entendus? Pouvez-vous informer le parlement sur l'évolution des pourparlers tant sur la forme que sur le fond et lui faire savoir si, par ailleurs, une forme de réconciliation a pu être rencontrée au sein de cette instance?

 

Annemie Turtelboom, ministre: Monsieur Ducarme, le bureau de l'Exécutif des Musulmans de Belgique, qui avait un mandat par l'arrêté royal du 28 août 2011 jusqu'au 31 décembre 2011, doit continuer, dans le cadre des principes de la continuité d'un service public, à gérer les dossiers jusqu'à la mise en place d'un autre Exécutif, étant donné que les membres et titulaires d'un mandat au sein de l'Exécutif sont reconnus par un arrêté royal.

 

Je l'avais déjà signalé dans ma réponse précédente: il ne me revient pas, mais bien aux cours et tribunaux, d'apprécier l'application du règlement d'ordre intérieur. Son application est une affaire interne du culte islamique.

 

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03/02/2012

La KU Leuven intéressée par la formation des imams

De Standaard (Belga), 3 février 2012

 

Un article traduit par Médiation (lire le texte original en néerlandais)

 

 

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La discussion sur la façon dont on va former les imams en Flandre peut commencer.

 

Ludo Sannen (sp.a) a proposé un concept au Parlement flamand. La KU Leuven est intéressée et le ministre flamand de l’Enseignement Pascal Smet veut déjà libérer l’argent à partir de 2013.

 

C’est ce que rapportent “Het Belang Van Limburg” et “Gazet Van Antwerpen”.

 

Actuellement, la plupart des imams sont importés. En particulier, les mosquées turques de la Diyanet ont développé un bon système en ce sens. Ces imams sont payés par le gouvernement turc. Ils ne parlent pas le néerlandais.

 

« Nous devons former nos propres imams et théologiens musulmans, de façon à ce qu’ils abordent l’Islam à partir de notre contexte et qu’ils soient mieux intégrés » estime Sannen.

 

Sannen a observé à la loupe la formation des imams dans les pays voisins. « Je plaide pour le modèle de l’Université Libre d’Amsterdam ». Là, la formation fait partie de la Faculté de Théologie. La KU Leuven pourrait prendre ceci en exemple.

 

Démarrer une faculté à part serait beaucoup plus difficile et beaucoup plus coûteux. La KU Leuven est déjà intéressée, sous certaines conditions. « Nous voulons rester indépendants, comme nous le sommes maintenant de l’Eglise catholique ».

 

Le Ministre flamand Smet trouve aussi important que les imams connaissent notre langue et notre culture. « Aussi bien l’Université d’Anvers que la KU Leuven ont déjà l’expertise en la matière. A partir de 2014, de l’argent est prévu. Mais si cela fonctionne, nous voulons déjà attribuer les moyens en 2013 » selon son porte-parole.

 

Pour l’instant, il y a déjà un bachelor pour les enseignants de la religion musulmane au Groupe T de Leuven et à la Haute Ecole Erasmus de Bruxelles. « Mais je plaide pour lancer également une formation universitaire » dit Sannen.

02/02/2012

Plaidoyer pour un véritable Islam belge

Christian Laporte

La Libre, 2 février 2012

 

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Chemsi Cheref-Khan incarne la vision laïque de l’Islam en Belgique. Ce franc-maçon jette les bases d’une meilleure représentation musulmane.

 

Vivant et travaillant en Belgique depuis un demi-siècle, Chemsi Cheref-Khan est connu dans les milieux laïques et musulmans et dans les cénacles intellectuels comme le zélateur d’un humanisme musulman et d’un islam des Lumières intégré dans la société occidentale.

 

Face à divers constats récents que cette idée, que le monde politique appelle de ses vœux, a du mal à émerger, il a décidé de révéler son appartenance à la franc-maçonnerie afin de "booster" celles et ceux qui pensent comme lui en vue de jeter, enfin, les bases d’un véritable islam belge. Avec parmi les outils pour le promouvoir la création d’un Institut pour un humanisme musulman.

Pourquoi dévoiler votre qualité de maçon, membre du Grand Orient de Belgique ?

L’islam belge, ça fait vraiment très longtemps qu’on en parle et que rien ne progresse. Un peu plus de 10 ans après mon arrivée en Belgique, l’islam était la deuxième religion en Belgique. Lors du débat parlementaire sur sa reconnaissance, en 1974, certains élus plaidaient déjà pour le soustraire aux influences étrangères. Il était bien en place. A cause de la crise du pétrole, pour faire de bonnes affaires ou encore pour remercier le roi d’Arabie saoudite pour sa générosité après l’incendie de l’Innovation, la Belgique avait concédé le Pavillon oriental, dans le parc du Cinquantenaire, à l’Arabie saoudite.

Il se mua en Grande Mosquée et devint le siège européen de la Ligue islamique mondiale dont le rôle ne cessa de s’accroître. Mais entretemps, le Parlement ignorait tout de la doctrine juridique de l’islam.

C’était dérangeant pour un esprit critique car la reconnaissance fut acquise pour des raisons diverses. L’on voulait intégrer les musulmans ou alors les voir préserver leurs racines pour qu’ils rentrent chez eux ; il y avait les promesses de juteux contrats et on voulait soutenir les Américains, qui s’alliaient aux musulmans les plus radicaux dans leur lutte contre le communisme. Cela ne s’est jamais vraiment arrangé.

Les remous récurrents au sein de l’Exécutif des Musulmans de Belgique attestent aussi, si nécessaire, qu’il est urgent de changer de cap.

On doit d’autant plus se battre pour cet islam belge en ces temps agités où d’aucuns voudraient mettre tous les musulmans dans le même sac.

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Une ouverture sur l’autre

 

Faut-il supprimer le cours de religion ?

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Le Soir, 1er février 2012

Mohamed Fatha-Allah est professeur de religion islamique à l’athénée de Ganshoren. Depuis plus de 30 ans, il enseigne sa religion à des enfants de la classe de 1ère à la 6ème secondaire.

« J’ai dû créer mon cours moi-même car nous n’avons pas d’institut théologique pour l’islam en Belgique. J’ai donc été formé sur le tas. Je préfère partir d’événements qui se passent en Belgique ou dans le monde musulman, de l’histoire de la religion et de la théologie. Je leur explique le dogme, pourquoi ils font le ramadan, quelles sont les valeurs de l’islam. Evidemment, j’adapte mon discours en fonction de l’âge des enfants. »

Dans cette classe, pas besoin d’être croyant. Le professeur souhaite que les élèves réfléchissent.

« Je désire les aider à vivre leur citoyenneté en Belgique en conciliant leur appartenance à l’islam. Notre religion a une très grande richesse philosophique. L’important est le sens de la vie. »

Pour Mohamed Fatha-Allah, disposer d’un socle commun pour les cours de religion et le cours de morale est une bonne chose. « J’ai toujours pratiqué une ouverture sur l’autre. Voici 20 ans, j’emmenais mes élèves visiter les lieux sacrés des autres religions. Je leur explique leur histoire. Il faut aller vers les autres, construire des maisons avec des ponts vers les autres cultures. S’asseoir et discuter tous ensemble est très important. Alors qu’un socle commun soit coulé dans un décret, je suis pour. La question centrale dans nos cours de religion reste celle de l’homme, avec toutes ses spécificités. Il faut respecter l’autre. »

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01/02/2012

La fin de l’Exécutif des Musulmans de Belgique ?

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Texte publié le 25.01.2012 sur le site http://www.o-re-la.org

 

Observatoire des Religions et de la Laïcité

 

 

(NB: C'est nous qui surlignons - Equipe Médiation)

 

L’Exécutif des Musulmans de Belgique, organe représentatif du culte islamique, a été mis sur pied en 1999. Depuis, il n’a cessé d’être l’objet de critiques et la proie de dissensions internes. Dernière en date, le vote de défiance de l’Assemblée des Musulmans du 13 janvier 2012 à l’égard de membres d’un Exécutif qui ne jouit plus de la reconnaissance des pouvoirs publics.

Le culte islamique a été reconnu par une loi du Parlement belge, c’est-à-dire formellement admis au financement public, en 1974. Cette reconnaissance entraînait la nécessité de reconnaître également un organe représentatif pour ce culte, indispensable pour mettre en œuvre cette décision, en vertu du dispositif constitutionnel belge. Diverses voies ont été explorées par les pouvoirs publics pour obtenir cet organe représentatif.

Dans un premier temps, ils se sont tournés vers le Centre islamique et culturel, qui occupait depuis 1969 le pavillon oriental (la « grande mosquée ») du parc du Cinquantenaire, à proximité des institutions européennes. Mais la non-représentativité du Centre, proche de l’Arabie Saoudite, par rapport aux musulmans de Belgique, qui sont pour l’essentiel originaires du Maroc et de la Turquie, a conduit à rechercher une autre solution.

Après divers aléas, l’idée d’organiser des élections au sein de la communauté musulmane toute entière s’est imposée à la fin des années 1990, selon un scénario à deux degrés : les fidèles éliraient au suffrage universel les membres d’une Assemblée, chargée de désigner les membres du futur organe représentatif du culte, l’Exécutif des Musulmans de Belgique.

Ce système à deux degrés avait été prévu pour qu’un filtre vienne assurer la représentation des diverses tendances du monde musulman belge - et des femmes - au sein de l’Exécutif, mais aussi pour permettre à la Sûreté de l’Etat de vérifier les noms des candidats avant leur nomination à l’Exécutif.

Suite :

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