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22/06/2009

L'Exécutif des Musulmans de Belgique: Où on est-on avec la concertation?

 

 

Abderrahman El youssoufi

 

 

La concertation avec les communautés musulmanes s’achève et on s’interroge sur la manière dont cette concertation a été menée et le bilan qu’on peut en tirer. 

Avant de passer à l’analyse de ce processus de cette concertation, j’aimerai d’abord faire deux observations :

 

 

 


 

 

 

1.   La concertation annoncée, malgré la bonne volonté et la motivation des acteurs qui l’ont mise en place, n’est en réalité qu’une consultation "populaire" si on doit se réfèrer à la rigueur des concepts.

 

   Certes,  la concertation est comprise comme une  action entreprise en vue de s’accorder sur un projet commun par la confrontation des points de vue et l’échange d’arguments, alors que la consultation se résume simplement  à une demande d’avis. Or il ressort de ce que nous avons observé que les gens invités aux réunions de concertation se sont contentés d’exprimer  leurs avis sans leur demander de se pencher sur des questions pratiques de renouvellement.  J’avoue que c’est difficile de faire un tel travail sans expertise.

 

2.   Le sujet  annoncé de ces concertation est « Représentation de l’islam en Belgique : quelles perspectives d’avenir ? (Renouvellement, structure…) ». l’intitulé ressemble plus à une invitation au débat ayant comme seule finalité la production des connaissances par la confrontation des idées qu’à une invitation à la concertation.

 

 

Il ressort de la première observation que pour mener à bien une concertation, un projet commun doit exister et le mot « commun » sous-entend  une approche « participative ». Si les formalités de cette dernière ont été plus ou moins respectées,  le manque de ressources financières et humaines  (ne soyons pas trop exigeants des bénévoles même si une somme de 30.000 euros a été accordée pour mener la concertation) et le facteur temps (un rapport doit être remis pour le 31 Décembre 2009) ont poussé  les initiateurs de la concertation à travailler dans la précipitation et à ne pas tenir compte de toute la rigueur dont il faut s’entourer pour mener ce genre d’action. Pourtant des questions subsistent quant à plusieurs choses auxquelles je n’ai personnellement pas trouvé de réponses : Pourquoi les Exécutifs qui se sont succédés depuis bientôt dix ans n’ont jamais entrepris une évaluation indépendante de leurs actions ? Pourquoi les membres de l’Exécutif successifs n’ont pas œuvré pour permettre l’émergence d’une stratégie commune de l’islam en/de Belgique ?

 

 

Même s’il n’est pas dans ses prérogatives premières d’œuvrer dans ce sens. L’importance, le statut  et l’autorité dont il dispose ainsi que les relations étroites qu’il entretient avec le conseil des théologiens, avec  la société civile et les autorités,  les acteurs de l’EMB pouvaient déjà depuis longtemps co-définir (avec d’autres structures musulmanes)  ce qu’ils veulent à court et à long terme et les moyens d’y parvenir. C’est ça une stratégie. Un plan de travail en quelques sortes qui appelle tous les acteurs musulmans à s’entendre sur les moyens de parvenir pour défendre leurs intérêts. Disons que c’est un autre débat même s’il y est  fortement lié  et revenons à nos observations.

 

De la deuxième observation, et c’est la conséquence  de ce qui est évoqué dans la première, il ressort un manque de pertinence du sujet de la rencontre qui a induit les invités à confondre (consciemment ou pas) l’objet de la rencontre (renouvellement de l’EMB) avec les questions relatives au fonctionnement/dysfonctionnement  de la structure même de l’EMB.

 

Les témoignages de certaines personnes ont démontré  que la question de renouvellement doit soulever non seulement la problématique de la structuration mais aussi celle du fonctionnement. Les deux problématiques sont imbriquées et les succès ou les échecs de l’une  ont des répercussions tôt ou tard sur l’autre.     

 

Le processus ayant été lancé et quelques soit les critiques qu’on peut formuler à son égard, les choses étant ainsi faites, la question qu’on peut se poser est, que peut-on tirer de cette expérience à mi-chemin ? Qu’est ce que ces rencontres avec les communautés, organisées de cette façon ont pu produire comme effet ? Les objectifs et les résultats précis de la concertation n’étant pas définis au préalable, comment peut-on évaluer la réussite ou non de cette concertation ?

 

Pour  la première question, personnellement je crois que personne ne connaît la réponse. Les initiateurs eux-mêmes de cette concertation ne savent  à l’heure actuelle ce qu’on peut capitaliser de ce qui est dit, exposé, contredit, suggéré,…pendent des dizaines d’heures de discussions. La matière est dense et l’intervention d’une main experte est plus que nécessaire pour  démêler tout ça sans garantie aucune de trouver ce qui peut alimenter un projet crédible  aux yeux des autorités et aux yeux de la communauté musulmane.  

 

 

Quant aux effets que ces réunions pourraient produire chez les invités des réunions c’est d’avoir le sentiment d’être écoutés, reconnus, voir même valorisés.

 

Une belle séance thérapeutique, mais pourquoi pas ?

 

Enfin la dernière question pose le problème de l’évaluation, qui malheureusement ne peut se faire si les objectifs précis de la concertation ne sont pas définis. 

 

 

Pourtant il est concevable  d’identifier des objectifs à partir des projets  de structuration et les soumettre aux discussions  au fur et à mesure dans les réunions de concertation.

 

 

A la fin on sort avec une tendance lourde vers telle ou telle orientation   qu’on peut soumettre au Forum pour la validation avant de finaliser un projet réaliste à présenter  aux autorités.  

 

 Abderrahman EL YOUSSOUFI, 22 juin 2009

Commentaires

L'Islam devient ci repandu.

Écrit par : Baird @ online calling cards | 30/10/2009

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