14/02/2012
La formation des imams mise en chantier
Un article traduit en français par Médiation (Lire la version originale en néerlandais)
Les universités sont ouvertes pour une nouvelle formation

À partir de 2013, et au plus tard en 2014, les jeunes pourront se former via une institution flamande pour devenir imam. Un complément de « leçons » sur l’Islam dans le secondaire est aussi sur la table.
Pascal Smet (SP.A), Ministre de l’Enseignement, est en train de préparer une formation pour les leaders musulmans. La semaine passée, il a rencontré l’Exécutif des Musulmans et des représentants de l’Enseignement supérieur. Smet a également mis sur pied un groupe de travail en vue de régler les détails de la formation.
A partir de 2014, il y aura de l’argent pour cette nouvelle formation. « Mais si une institution est déjà prête, nous essayerons de trouver les moyens », dit Jeroen Janssens, porte-parole de Smet. Nous voyons venir la formation avec satisfaction.
Suite à un rapport sur les imams en Flandre, le Ministre flamand de l’intégration, Geert Bourgeois, (N-VA) a conclu que la formation était absolument nécessaire (DS 16 janvier).
À l’heure actuelle, presque tous les imams qui travaillent ici viennent de l’Etranger. Cela complique leur contact avec les jeunes qui ont souvent le néerlandais comme langue maternelle.
"Nous allons dans le même sens que le Ministre", dit Mohamed Achaibi, porte-parole de l’Exécutif Musulman. « Dans les mosquées flamandes, nous avons besoin d’imams qui connaissent cette société. Les imams doivent savoir lire les journaux et savoir ce qui se vit en-dehors de la mosquée. Pour un imam qui vient du Maroc ou de la Turquie, ce n’est pas si simple que cela. C’est pourquoi les jeunes qui ont grandi ici doivent pouvoir devenir imams ».
La formation doit-elle consister en un Bachelor ou un Master, et quelles institutions proposeront la formation, ce n’est pas encore déterminé. Ceci sera examiné par le groupe de travail. La KU Leuven et l’Université d’Anvers ont déjà déclaré qu’elles étaient très intéressées par la mise en place de la formation.
Selon Achaibi, la formation des imams n’est qu’une première étape. Pour permettre aux jeunes d’être vraiment prêts pour la profession, ils devraient déjà pouvoir suivre l’option « Islam » dans le secondaire.
Achaibi : « on ne devient pas imam comme cela. D’abord, il faut maîtriser parfaitement l’arabe classique. Deuxièmement, chaque imam doit connaître le Coran par cœur. Il vaut mieux commencer à apprendre l’arabe et le Coran avant 18 ans. Si le Ministre veut que les mosquées engagent des imams flamands, il devra prévoir une formation préalable ».
« Comparons avec les orientations en électro-mécanique ou soins infirmiers. Là, les jeunes ne reçoivent pas seulement des matières générales mais aussi des matières techniques. Pourquoi ne pas organiser une telle orientation vers l’Islam ? ».
Le Ministre Smet ne veut pas voir une orientation distincte dans l’enseignement secondaire. Le porte-parole Janssens : « Nous avons déjà demandé au groupe de travail d’examiner s’il était possible d’organiser des cours supplémentaires sur l’Islam. Les jeunes intéressés peuvent suivre ces leçons après les heures de cours ».
Maxie Eckert, De Standaard, 6 février 2012
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08/02/2012
Nouvelle interpellation de la Ministre de la Justice par Denis Ducarme
Commission de la Justice de la Chambre des Représentants de Belgique, le 8 février 2012
Question de M. Denis Ducarme à la ministre de la Justice sur "l'évolution de la situation au sein de l'Exécutif des Musulmans de Belgique"

Denis Ducarme (MR): Madame la ministre, début janvier, je vous interpellais sur la dernière crise en date au sein de l'Exécutif des Musulmans de Belgique. Je vous interrogeais alors sur la légalité de l'exclusion de la vice présidente et d'autres membres de l'Exécutif par l'assemblée générale.
Cette décision semblait contestable à plusieurs niveaux sur la forme. Premièrement, le bureau de l'Exécutif a été validé par arrêté royal proposé par votre prédécesseur jusqu'à la date du 31 décembre 2011, et non au-delà. Deuxièmement, selon mes informations, le règlement d'ordre intérieur de l'Exécutif des Musulmans de Belgique n'a pas été respecté, l'ordre du jour de cette réunion du 13 janvier dernier n'appelant pas de point proposant une telle démarche. Lors du dernier échange, on n'avait pu préciser ce qu'il en était à cet égard.
Madame la ministre, pouvez-vous informer le parlement sur la régularité de cette décision? Est-elle légale ou non?
Lors de notre dernier échange début janvier, vous m'indiquiez aussi que vous veilleriez à relancer les pourparlers assurés par votre prédécesseur pour aider à réaliser le compromis au sein de cette instance. Pouvez-vous me confirmer que les personnes exclues par l'assemblée générale et les représentants de l'ADMB participant aux pourparlers organisés par votre prédécesseur ont également été entendus? Pouvez-vous informer le parlement sur l'évolution des pourparlers tant sur la forme que sur le fond et lui faire savoir si, par ailleurs, une forme de réconciliation a pu être rencontrée au sein de cette instance?
Annemie Turtelboom, ministre: Monsieur Ducarme, le bureau de l'Exécutif des Musulmans de Belgique, qui avait un mandat par l'arrêté royal du 28 août 2011 jusqu'au 31 décembre 2011, doit continuer, dans le cadre des principes de la continuité d'un service public, à gérer les dossiers jusqu'à la mise en place d'un autre Exécutif, étant donné que les membres et titulaires d'un mandat au sein de l'Exécutif sont reconnus par un arrêté royal.
Je l'avais déjà signalé dans ma réponse précédente: il ne me revient pas, mais bien aux cours et tribunaux, d'apprécier l'application du règlement d'ordre intérieur. Son application est une affaire interne du culte islamique.
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21:28 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : denis, ducarme, emb, exécutif, musulman, renouvellement, admb
03/02/2012
La KU Leuven intéressée par la formation des imams
De Standaard (Belga), 3 février 2012
Un article traduit par Médiation (lire le texte original en néerlandais)

La discussion sur la façon dont on va former les imams en Flandre peut commencer.
Ludo Sannen (sp.a) a proposé un concept au Parlement flamand. La KU Leuven est intéressée et le ministre flamand de l’Enseignement Pascal Smet veut déjà libérer l’argent à partir de 2013.
C’est ce que rapportent “Het Belang Van Limburg” et “Gazet Van Antwerpen”.
Actuellement, la plupart des imams sont importés. En particulier, les mosquées turques de la Diyanet ont développé un bon système en ce sens. Ces imams sont payés par le gouvernement turc. Ils ne parlent pas le néerlandais.
« Nous devons former nos propres imams et théologiens musulmans, de façon à ce qu’ils abordent l’Islam à partir de notre contexte et qu’ils soient mieux intégrés » estime Sannen.
Sannen a observé à la loupe la formation des imams dans les pays voisins. « Je plaide pour le modèle de l’Université Libre d’Amsterdam ». Là, la formation fait partie de la Faculté de Théologie. La KU Leuven pourrait prendre ceci en exemple.
Démarrer une faculté à part serait beaucoup plus difficile et beaucoup plus coûteux. La KU Leuven est déjà intéressée, sous certaines conditions. « Nous voulons rester indépendants, comme nous le sommes maintenant de l’Eglise catholique ».
Le Ministre flamand Smet trouve aussi important que les imams connaissent notre langue et notre culture. « Aussi bien l’Université d’Anvers que la KU Leuven ont déjà l’expertise en la matière. A partir de 2014, de l’argent est prévu. Mais si cela fonctionne, nous voulons déjà attribuer les moyens en 2013 » selon son porte-parole.
Pour l’instant, il y a déjà un bachelor pour les enseignants de la religion musulmane au Groupe T de Leuven et à la Haute Ecole Erasmus de Bruxelles. « Mais je plaide pour lancer également une formation universitaire » dit Sannen.
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02/02/2012
Plaidoyer pour un véritable Islam belge
Christian Laporte

Chemsi Cheref-Khan incarne la vision laïque de l’Islam en Belgique. Ce franc-maçon jette les bases d’une meilleure représentation musulmane.
Vivant et travaillant en Belgique depuis un demi-siècle, Chemsi Cheref-Khan est connu dans les milieux laïques et musulmans et dans les cénacles intellectuels comme le zélateur d’un humanisme musulman et d’un islam des Lumières intégré dans la société occidentale.
Face à divers constats récents que cette idée, que le monde politique appelle de ses vœux, a du mal à émerger, il a décidé de révéler son appartenance à la franc-maçonnerie afin de "booster" celles et ceux qui pensent comme lui en vue de jeter, enfin, les bases d’un véritable islam belge. Avec parmi les outils pour le promouvoir la création d’un Institut pour un humanisme musulman.
Pourquoi dévoiler votre qualité de maçon, membre du Grand Orient de Belgique ?
L’islam belge, ça fait vraiment très longtemps qu’on en parle et que rien ne progresse. Un peu plus de 10 ans après mon arrivée en Belgique, l’islam était la deuxième religion en Belgique. Lors du débat parlementaire sur sa reconnaissance, en 1974, certains élus plaidaient déjà pour le soustraire aux influences étrangères. Il était bien en place. A cause de la crise du pétrole, pour faire de bonnes affaires ou encore pour remercier le roi d’Arabie saoudite pour sa générosité après l’incendie de l’Innovation, la Belgique avait concédé le Pavillon oriental, dans le parc du Cinquantenaire, à l’Arabie saoudite.
Il se mua en Grande Mosquée et devint le siège européen de la Ligue islamique mondiale dont le rôle ne cessa de s’accroître. Mais entretemps, le Parlement ignorait tout de la doctrine juridique de l’islam.
C’était dérangeant pour un esprit critique car la reconnaissance fut acquise pour des raisons diverses. L’on voulait intégrer les musulmans ou alors les voir préserver leurs racines pour qu’ils rentrent chez eux ; il y avait les promesses de juteux contrats et on voulait soutenir les Américains, qui s’alliaient aux musulmans les plus radicaux dans leur lutte contre le communisme. Cela ne s’est jamais vraiment arrangé.
Les remous récurrents au sein de l’Exécutif des Musulmans de Belgique attestent aussi, si nécessaire, qu’il est urgent de changer de cap.
On doit d’autant plus se battre pour cet islam belge en ces temps agités où d’aucuns voudraient mettre tous les musulmans dans le même sac.
21:49 Publié dans Actualité - Islam - Culte - Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : exécutif, musulman, ingérence, islam, belge, chemsi cheref-khan
Une ouverture sur l’autre
Faut-il supprimer le cours de religion ?

Le Soir, 1er février 2012
Mohamed Fatha-Allah est professeur de religion islamique à l’athénée de Ganshoren. Depuis plus de 30 ans, il enseigne sa religion à des enfants de la classe de 1ère à la 6ème secondaire.
« J’ai dû créer mon cours moi-même car nous n’avons pas d’institut théologique pour l’islam en Belgique. J’ai donc été formé sur le tas. Je préfère partir d’événements qui se passent en Belgique ou dans le monde musulman, de l’histoire de la religion et de la théologie. Je leur explique le dogme, pourquoi ils font le ramadan, quelles sont les valeurs de l’islam. Evidemment, j’adapte mon discours en fonction de l’âge des enfants. »
Dans cette classe, pas besoin d’être croyant. Le professeur souhaite que les élèves réfléchissent.
« Je désire les aider à vivre leur citoyenneté en Belgique en conciliant leur appartenance à l’islam. Notre religion a une très grande richesse philosophique. L’important est le sens de la vie. »
Pour Mohamed Fatha-Allah, disposer d’un socle commun pour les cours de religion et le cours de morale est une bonne chose. « J’ai toujours pratiqué une ouverture sur l’autre. Voici 20 ans, j’emmenais mes élèves visiter les lieux sacrés des autres religions. Je leur explique leur histoire. Il faut aller vers les autres, construire des maisons avec des ponts vers les autres cultures. S’asseoir et discuter tous ensemble est très important. Alors qu’un socle commun soit coulé dans un décret, je suis pour. La question centrale dans nos cours de religion reste celle de l’homme, avec toutes ses spécificités. Il faut respecter l’autre. »
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01/02/2012
La fin de l’Exécutif des Musulmans de Belgique ?
Caroline SÄGESSER
Texte publié le 25.01.2012 sur le site http://www.o-re-la.org
Observatoire des Religions et de la Laïcité
(NB: C'est nous qui surlignons - Equipe Médiation)
L’Exécutif des Musulmans de Belgique, organe représentatif du culte islamique, a été mis sur pied en 1999. Depuis, il n’a cessé d’être l’objet de critiques et la proie de dissensions internes. Dernière en date, le vote de défiance de l’Assemblée des Musulmans du 13 janvier 2012 à l’égard de membres d’un Exécutif qui ne jouit plus de la reconnaissance des pouvoirs publics.
Le culte islamique a été reconnu par une loi du Parlement belge, c’est-à-dire formellement admis au financement public, en 1974. Cette reconnaissance entraînait la nécessité de reconnaître également un organe représentatif pour ce culte, indispensable pour mettre en œuvre cette décision, en vertu du dispositif constitutionnel belge. Diverses voies ont été explorées par les pouvoirs publics pour obtenir cet organe représentatif.
Dans un premier temps, ils se sont tournés vers le Centre islamique et culturel, qui occupait depuis 1969 le pavillon oriental (la « grande mosquée ») du parc du Cinquantenaire, à proximité des institutions européennes. Mais la non-représentativité du Centre, proche de l’Arabie Saoudite, par rapport aux musulmans de Belgique, qui sont pour l’essentiel originaires du Maroc et de la Turquie, a conduit à rechercher une autre solution.
Après divers aléas, l’idée d’organiser des élections au sein de la communauté musulmane toute entière s’est imposée à la fin des années 1990, selon un scénario à deux degrés : les fidèles éliraient au suffrage universel les membres d’une Assemblée, chargée de désigner les membres du futur organe représentatif du culte, l’Exécutif des Musulmans de Belgique.
Ce système à deux degrés avait été prévu pour qu’un filtre vienne assurer la représentation des diverses tendances du monde musulman belge - et des femmes - au sein de l’Exécutif, mais aussi pour permettre à la Sûreté de l’Etat de vérifier les noms des candidats avant leur nomination à l’Exécutif.
Suite :
21:19 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : exécutif, musulman, islam, ingérence, ambassades, renouvellement
25/01/2012
EMB: Zoé GENOT interpelle la Ministre de la Justice
Commission de la Justice de la Chambre des Représentants de Belgique, 25 janvier 2012

Question de Mme Zoé GENOT à la Ministre de la Justice sur le « Dossier du renouvellement de l’Exécutif des Musulmans de Belgique »
Zoé Genot (Ecolo-Groen): Madame la présidente, madame la ministre, le 13 janvier dernier l'assemblée générale de l'Exécutif des Musulmans de Belgique émettait un vote de défiance à l'égard de trois de ses membres parmi lesquels la vice-présidente Isabelle Praile. Les trois membres exclus appartiennent à l'Alternative démocratique des musulmans de Belgique, courant rénovateur qui essaie de proposer un mode plus participatif.
L'Exécutif actuel a été désigné au cours d'une assemblée assez chahutée à l'occasion de laquelle les procédures réglementaires n'auraient pas été respectées. Lors d'une réponse à une précédente question, vous avez bien expliqué qu'il ne vous appartenait pas de faire respecter les règles de l'Exécutif. Néanmoins, vous avez une responsabilité en termes de reconnaissance de l'organe qui peut être investi des missions de gestion du culte musulman.
Madame la ministre, allez-vous reconnaître, par arrêté royal, le nouvel Exécutif décidé le 13 janvier 2012, suite au vote de défiance? Lors de votre précédente réponse, vous avez notamment évoqué la possibilité d'organiser toute une série de rencontres de manière à mieux appréhender le dossier et en vue de trouver une solution. Des avancées ont-elles eu lieu en vue de trouver un compromis dans le cadre du dossier du renouvellement de l'Exécutif des Musulmans de Belgique? Si oui, lesquelles? Où en est-on actuellement ?
Par ailleurs, la Sûreté de l'État a remis un rapport pointant du doigt le fait que certains pays utilisaient l'Exécutif pour faire avancer leur vision de l'organisation des musulmans. Quels sont les enseignements que vous tirez de ce rapport en la matière?
22:26 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : zoé, génot, interpelle, ministre, justice, emb, exécutif
Mal formés, les imams?
“ On doit former les imams ici ”
L’avis d’un sociologue belge
Hier, un journaliste indien travaillant pour une agence d’informations du Koweït (KUNA) interviewait un sociologue belge sur la formation des imams travaillant chez nous. En gros, Felice Dassetto, professeur à l’UCL, expliquait que l’un des gros problèmes que rencontrent les musulmans en Europe “ est l’absence d’un guide spirituel et intellectuel, hormis peut-être au Royaume-Uni ”. “ J’ai dit à ce journaliste, en forme de boutade, que de riches musulmans devaient peut-être contribuer financièrement et conceptuellement à la création d’un voire deux instituts musulmans en Belgique. Parmi les 77 imams ou maîtres de prières travaillant à Bruxelles, il n’y en a à peine que deux ou trois qui parlent le français ou le néerlandais. Les intellectuels belges le reprochent .”
Les profs de religion, aussi
Le problème, selon le professeur, c’est le manque de formation de ces imams, des imams qui devraient être formés “ chez nous ”. “ Et pas être envoyés du Maroc, d’Egypte, de Turquie ou d’ailleurs. Actuellement, il existe bien un Institut supérieur à Bruxelles mais il est marqué par les Salafistes”.
Les imams ne seraient donc pas en phase avec la réalité des choses, en Belgique. “ Cela fait plus de trente ans que l’Islam est arrivé en Belgique mais cela ne peut plus continuer comme cela. Prenez l’exemple des professeurs qui enseignent la religion musulmane à l’école. Ce sont en général des gens qui ont fait des études en Belgique mais des études en sciences humaines, d’assistant social... pas en théologie. Même s’ils sont de bonne foi, de bonne volonté, ils n’ont pas eu de formation adéquate pour donner cours. Ce n’est pas en lisant trois livres sur l’Islam qu’ils seront prêts. ”
Felice Dassetto sait de quoi il parle: il a justement écrit trois livres sur l’Islam. “ Il faudrait s’inspirer de la faculté de théologie protestante de Bruxelles qui, aujourd’hui, a acquis un statut auprès des communautés. Cela ne s’est pas fait du jour au lendemain. C’est pour cela que j’affirme que s’ils veulent se rendre utiles, les riches musulmans devraient mettre en place une vraie faculté avec 7 ou 8 professeurs bien engagés. Mais cela coûte quelques centaines de milliers d’euros. ”
21:54 Publié dans Ministres de culte (Imams) | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : imam
23/01/2012
L’Exécutif des musulmans de Belgique ingérable ?
Entretien avec Denis DUCARME, par Jean-Paul Duchâteau
Que pensez-vous de ce qui se passe depuis des mois au sein de l’Exécutif des musulmans de Belgique ?
C’est en termes d’années qu’il faut penser ! Depuis 2005, ce sont des crises à répétition. Stefaan de Clercq avait réussi à mettre l’ensemble des acteurs autour de la table pour recréer une forme de sérénité entre diverses tendances. Mais certains ont profité du passage de flambeau entre deux ministres pour réimposer la voie de l’affrontement plutôt que celle du compromis qui semblait pourtant presque atteint.
Le gouvernement fait-il ce qu’il doit pour sortir de cette situation ?
Il fait même plus. Nous avons depuis 1974 un culte musulman reconnu. Un Exécutif a été mis en place en 1998. On essaie vraiment de donner la possibilité aux acteurs d’arrêter de choisir la voie du conflit. Il y a un vrai problème de maturité. Et je commence à douter de la volonté d’instaurer la concorde en la matière. Il faut cependant rester positif et j’espère qu’on ne devra pas de nouveau arriver à suspendre le financement.
Cela ne passe-t-il pas au-dessus de la tête de la communauté musulmane ?
La communauté a cessé de compter sur l’efficacité de l’Exécutif pour pouvoir vivre sa culture et sa foi. Mais les musulmans vont devoir se réintéresser à ce qui s’y passe. Quand on voit que le ministère turc des Affaires religieuses (dont les imams en Belgique sont des employés !) a la mainmise sur cet Exécutif et veut faire échouer l’institutionnalisation de l’islam de Belgique, cela commence à me poser de sérieuses questions.
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20:28 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : denis, ducarme, exécutif, musulman
Emission Radio "Et Dieu dans tout ça?"

Dimanche 22 janvier 2012 de 11h à 12h
Thème : Que se passe-t-il à l'Exécutif des musulmans de Belgique ?
20:21 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
20/01/2012
Chronique d'un putsch annoncé

Marie-Cécile ROYEN, Le vif, 20 janvier 2012
L'Exécutif des musulmans de Belgique s'est débarrassé des « modérés » et des « rénovateurs ». Place aux ambassades, au Milli Gorüs turc (Frères musulmans) et au salafiste Nordine Taouil.
Nordine Taouil débouté
Fait révélateur : dans le projet que les « conservateurs » veulent présenter à la nouvelle ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD), le nom du futur organe représentatif du culte islamique a été modifié. L'organe représentatif n'est plus « de Belgique » mais « en Belgique »... Une petite touche islamiste fondée sur l'idée que l'islam n'a pas à s'enraciner dans une terre particulière puisqu'il est unique et universel.
Cette dérive sémantique (par rapport aux attentes de l'Etat) est bien dans la ligne du président de l'Assemblée générale, Nordine Taouil. Cet imam anversois d'origine marocaine avait appelé à la révolte les élèves musulmanes de l'athénée royal d'Anvers, en 2009, lorsque la préfète avait décidé d'interdire le port d'insignes religieux et politiques. A la VRT, l'administrateur général de la Sûreté de l'Etat, André Winants, l'avait qualifié de « musulman extrémiste d'orientation salafiste-wahhabite qui milite activement dans des cercles salafistes ».
L'imam avait exigé un dédommagement devant le tribunal civil de Bruxelles. Il a été débouté le 7 octobre 2011. Il va en appel.
La recherche d'interlocuteurs musulmans par les autorités politiques est dans l'impasse.
Suite :
12:54 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nordine, taouil, emb, sûreté, salafiste
Question de M.Richard Miller à la ministre de la Justice au Sénat
Sénat de Belgique
Jeudi 19 janvier 2012
Question orale de M. Richard Miller à la ministre de la Justice sur «la situation alarmante de l’Exécutif des musulmans de Belgique»
M. Richard Miller (MR). – Je souhaite interroger la ministre sur les récents remous qui ont une fois encore secoué l’Exécutif des musulmans de Belgique. Au cœur des difficultés cette fois, le résultat d’un vote, intervenu vendredi dernier, entérinant de facto l’éviction de la vice-présidente francophone, Mme Isabelle Soumaya-Praile, et de M. Mohamed Fatah-Allah.
Il me semble que c’est surtout la thèse de ces deux personnes, relative à la non-légitimité de l’Exécutif à pouvoir se réunir sur la base de la convocation adressée, au quorum ou aux procurations douteuses, qui a retenu l’attention.
Ma première question est donc très directe. Vos services ont-ils pu vérifier ces éléments ? Selon M. Semsettin Ugurlu, président de l’Exécutif, ceux-ci sont sans fondement et ne correspondent pas à la vérité. Qu’en est-il de la légitimité, de la recevabilité et de la bonne conformité du vote intervenu?
12:44 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emb, semsettin, ugurlu, exécutif, sûreté
EMB: Dernières infos
La ministre ne convainc pas Denis Ducarme
Ricardo GUTIERREZ, Le Soir, 19 janvier 2012
Pas convaincu, le député MR Denis Ducarme… Il avait interpellé la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom (Open VLD), sur la situation confuse qui règne à l’Exécutif musulman (EMB). Elle concède que « la situation n’est pas optimale », sans s’avancer sur les soupçons d’irrégularités qui pèsent sur l’éviction, vendredi, des trois élus rénovateurs de l’EMB. Denis Ducarme fulmine : « Je compte bien interpeller à nouveau la ministre, qui doit s’investir très vite dans le dossier… Elle doit savoir que ceux qui prônent le retour de “l’islam des ambassades” me trouveront toujours sur leur chemin ».
Exécutif musulman : le blocage
Christian LAPORTE, La Libre, 20 janvier 2012
La nouvelle ministre des Cultes avoue à son tour son impuissance dans le dossier.
D’aucuns avaient imaginé que la nouvelle ministre des Cultes, Annemie Turtelboom (Open VLD) allait vite trouver une solution aux inextricables dysfonctionnements de l’Exécutif des Musulmans après le “surplace” permanent de Stefaan De Clerck. C’est raté ! Interpellée jeudi au Sénat par Richard Miller (MR), la ministre a bien dû avouer qu’elle ne pouvait, dans l’état actuel du dossier, rien faire de plus que son prédécesseur
12:15 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
19/01/2012
Que se passe-t-il à l'Exécutif des musulmans de Belgique ?
Emission "Et Dieu dans tout ça?"
Radio "La Première", dimanche 22 janvier 2012 de 11h à 12h
C'est donc vendredi dernier qu’un nouvel « événement » se déroulait au sein de l’Exécutif des musulmans de Belgique : une énième péripétie interne qui allait aboutir à un vote qui, en pratique, excluait plusieurs personnes et notamment les deux femmes présentes dans ce qui reste de l’organe chef de culte de la communauté musulmane.
Mais ce fait intervenait à peine 2 jours après que la Sureté de l’Etat, dans son rapport d'activité 2010, pointait notamment l'ingérence de "puissances étrangères" et aussi d'un « groupement turc radical » dans les structures de l’islam institutionnel. A y bien regarder pourtant aucun de ces deux faits n’est véritablement surprenant mais c’est peut-être leur quasi simultanéité qui, soudain, remet sous les feux de l’actualité la question lancinante de l’organisation de la représentation de l’islam de Belgique…
Avec Corinne Torrekens, chercheuse FNRS à l’ULB et auteure notamment de « L’Islam à Bruxelles » (Ed. de l’ULB 2009) ; Felice Dassetto, professeur émérite à l’UCL ; auteur notamment de « L’Iris et le croissant » (Presses universitaires de Louvain 2011) ; Hassan Bousetta, sénateur PS ancien chercheur au CEDEM-ULg ; Denis Ducarme, député MR, auteur de « L’ Islam de Belgique » (Luc Pire 2007)
Avec également les voix de Semsettin Ugurlu, président de l’exécutif des musulmans de Belgique et de Isabelle Praile, vice-présidente de l’Exécutif des musulmans de Belgique et cheville ouvrière du groupe « Alternative démocratique des musulmans de Belgique »
22:30 Publié dans actualités EMB | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emb, admb, ugurlu, praile, première, hecq
Trop peu d'imams de Flandre parlent le néerlandais
De nombreux imams exerçant en Flandre ne parlent que peu ou pas du tout le néerlandais et ne s'impliquent que peu dans leur environnement. Cela complique la relation avec la jeune génération, née et élevée en Flandre. Ces jeunes se tournent alors vers d'autres solutions à la recherche de l'"islam véritable", ce qui augmente le risque de radicalisation.
C'est ce qu'il ressort d'une étude réalisée par le "Steunpunt Gelijkekansenbeleid" ("Appui à une politique d'égalité des chances") à la demande du ministre flamand de l'Intégration Geert Bourgeois (N-VA).
Le portrait ainsi dressé souligne que presque tous les imams actifs en Flandre sont d'origine étrangère. Beaucoup ne parlent pas ou peu la langue et sont peu intégrés dans le contexte local.
Les auteurs de l'étude constatent également que beaucoup de jeunes sont prêts à reprendre le flambeau de la gestion des moquées. "Fournir une formation aux imams pourrait apporter une solution", selon le ministre Bourgeois. Le ministre de l'Enseignement Pascal Smet évalue cette possibilité.
Geert Bourgeois souligne que de nombreuses mosquées se situent à une période charnière entre deux générations. "Le travail effectué par la première génération constitue une bonne base pour continuer à évoluer vers des mosquées en phase avec leur époque, intégrées dans leur environnement et capables de communiquer avec la société au sens large", estime encore le ministre Bourgeois.
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